PREFACE de l'auteur

 

En Occident, les gens pensent généralement que le devoir d'un homme est de promouvoir le bonheur de la majorité de l'humanité, et le bonheur est supposé signifier seulement satisfaction physique et prospérité économique. Si les lois de moralité sont brisées dans la conquête du bonheur, cela n'a pas beaucoup d'importance. L'objet à atteindre étant la satisfaction de la majorité, les Occidentaux pensent qu'il n'y a aucun mal si celui-ci est atteint au détriment de la minorité. Les conséquences de cette ligne de pensée sont inscrites en grand sur la face de l'Europe.

Cette recherche exclusive d'un bien-être physique et économique sans tenir compte de la moralité est contraire à la loi divine, comme quelques hommes sages de l'Occident l'ont montré. L'un d'eux était John Ruskin qui exprime dans son livre Unto This Last que les hommes ne peuvent être heureux que s'ils obéissent à la loi divine.

De nos jours, nous Indiens, cherchons à tout prix à imiter l'Occident. S'il est nécessaire d'imiter les vertus de l'Occident, tous admettront que nous nous devons éviter toutes les mauvaises choses, et les standards occidentaux sont, sans aucun doute, souvent mauvais.

Les Indiens d'Afrique du Sud sont réduits à une misérable situation. Nous nous expatrions pour gagner de l'argent, et en essayant de devenir riches rapidement, nous perdons de vue la moralité et oublions que Dieu jugera tous nos actes. L'intérêt personnel absorbe nos énergies et paralyse notre capacité de discernement entre le bien et le mal. Le résultat est, qu'au lieu de gagner quelque chose, nous perdons tout bénéfice en restant en pays étranger, ou au moins, nous n'en prenons pas tout le profit escompté. La moralité est un ingrédient essentiel dans toutes les confessions du monde, et autant que la religion, notre bon sens nous indique la nécessité d'observer la loi morale. D'après Ruskin, nous ne pouvons être heureux qu'en respectant cette loi.

Platon, dans L’Apologie de Socrate, nous donne une idée de notre devoir d'homme. Socrate était bon comme sa parole. Je comprends Unto This Last comme une extension de ses idées. Il nous dit comment les hommes doivent se conduire dans les divers chemins de la vie s'ils ont l'intention de transformer ces idées en actions. Ce qui suit n'est pas une traduction [en gujarati] du livre de Ruskin, mais une paraphrase, parce qu'une traduction ne serait pas particulièrement utile aux lecteurs de Indian Opinion. Même le titre n'a pas été traduit mais paraphrasé en Sarvodaya [le bien-être de chacun], ce qui était le but de Ruskin en écrivant ce livre.

 © Traduction Yann Forget