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Connaître
l'Inde, c'est participer, même en France à l'actualité
de L'Inde.
Juin 2002
Le conflit du Cachemire
Kashmir
La
tension s'apaise entre l'Inde et le Pakistan
SRINAGAR (AFP), le 20-06-2002
Les incursions, depuis le Pakistan, de combattants séparatistes
musulmans au Cachemire indien ont "presque cessé", a
déclaré jeudi le ministre indien de la Défense George
Fernandes à Srinagar, capitale d'été de la partie indienne du
Cachemire.
Mais le ministre a ajouté que des militants combattaient
toujours les forces de sécurité indiennes au Cachemire et que
l'Inde n'avait pas de "projets immédiats" de retirer
ses troupes massées à la frontière avec le Pakistan. "La
situation sur le terrain n'a pas changé en ce qui concerne les
activités des militants à l'intérieur du Cachemire"
indien, a dit M. Fernandes à la presse.
"Mais l'infiltration de militants a presque cessé",
a-t-il ajouté, avant d'espérer que "ce qui reste
d'incursion cessera aussi". L'arrêt des infiltrations et
la fermeture de camps d'entraînement présumés au Cachemire
pakistanais sont les deux exigences de New Delhi pour retirer le
gros de ses troupes massées le long de la frontière avec le
Pakistan. "Les camps d'entraînement au Pakistan étaient
permanents avec le 11 septembre, mais maintenant ce sont des
camps temporaires. Ils sont à un endroit un jour, et à un
autre le lendemain", a dit M. Fernandes.
New Delhi n'a cessé jusqu'à présent d'accuser le Pakistan de
soutenir des combattants islamistes qui viennent alimenter
l'insurrection séparatiste au Cachemire indien, dont la
population est majoritairement musulmane.
La dernière crise entre l'Inde et le Pakistan a éclaté après
un attentat en décembre au parlement indien qui a fait 14
morts, et elle est encore montée d'un cran après une attaque
en mai qui a fait 35 morts au Cachemire indien. New Delhi a
attribué ces deux opérations à des combattants
pro-pakistanais.
Depuis six mois, environ un million de soldats sont massés de
part et d'autre de la frontière indo-pakistanaise. La tension
s'est quelque peu apaisée depuis près de deux semaines, à la
suite de missions diplomatiques américaines dans la région.
Islamabad a enclenché le processus en s'engageant, auprès de
Washington, à mettre fin aux incursions de combattants
islamistes.

Inde-Pakistan : le pessimisme domine (05/06/2002)
Plusieurs pays ainsi que l'ONU ont appelé
ressortissants et personnels à quitter la région. L'Inde refuse
un face-à-face tant que continuent les incursions d'islamistes
basés au Pakistan.
L 'Inde s'est
déclarée pessimiste samedi sur les chances d'un accord négocié
avec le Pakistan. Les échanges de tirs ainsi que les attaques des
séparatistes continuent de faire des morts des deux côtés de la
ligne de contrôle au Cachemire, incitant plusieurs pays ainsi que
l'ONU à appeler ressortissants et personnels à quitter la région.
Si la menace de guerre est réelle entre les deux pays, le président
pakistanais Pervez Musharraf a déclaré samedi à la chaîne de télévision
CNN que son pays avait appelé à un pacte de non-agression avec
son voisin et à la dénucléarisation de l'Asie du Sud. Interrogé
sur l'éventualité d'un conflit nucléaire, il a répondu: «Je
ne pense pas qu'aucune des parties soit assez irresponsable pour
atteindre cette extrémité. J'irais jusqu'à dire qu'on ne
devrait même pas discuter de cela car aucune personne saine
d'esprit ne peut penser à s'engager dans cette guerre
non-conventionnelle, quelles que soient les pressions».
Les deux puissances nucléaires se sont déjà affrontées trois
fois, dont deux pour le Cachemire.
Départs
Dès vendredi, les Etats-Unis (60.000 Américains en Inde) et la
Grande-Bretagne ont demandé à leurs ressortissants -civils et
personnels d'ambassade- de quitter la région. La France leur a
emboîté le pas samedi, comme les autorités israéliennes, qui
ont invité leurs ressortissants à quitter l'Inde ou à éviter
de s'y rendre tant que perdurera la crise entre New Delhi et
Islamabad. Les Nations unies ont aussi ordonné à leurs employés
-260 personnes en Inde et plusieurs centaines d'autres au
Pakistan- de faire partir leur famille, par précaution,
soulignait-on.
Mouvements
Depuis l'attaque le mois dernier d'une base militaire indienne au
Cachemire (34 morts), un million de soldats (les trois quarts côté
indien) sont postés le long de la ligne de cessez-le-feu de 1949.
Le Pakistan a retiré des troupes de la frontière afghane et
envisage de les redéployer au Cachemire.
Au moins sept civils -cinq côté indien et deux côté
pakistanais-ont été tués ces derniers jours dans les échanges
de tirs et des attaques attribuées aux séparatistes islamistes
par les autorités indiennes du Jammu-et-Cachemire. New Delhi et
Islamabad s'accusent par ailleurs régulièrement d'espionnage. Un
employé d'ambassade pakistanais a été arrêté vendredi dans la
capitale indienne et un autre côté indien à Islamabad samedi.
Dans ce contexte, le ministre indien de la Défense George
Fernandes estime qu»'il n'y a toujours pas de rapprochement en
vue».
Le président russe Vladimir Poutine espère toutefois amener le
Premier ministre indien Atal Bihari Vajpayee et le général
Musharraf à se parler à l'occasion du sommet à Almaty, au
Kazakhstan, la semaine prochaine, mais l'Inde refuse un face-à-face
tant que continuent les incursions d'islamistes basés au
Pakistan.
New Delhi accuse Islamabad de soutenir les insurgés qui exigent
l'indépendance du Cachemire indien -seul Etat indien à majorité
musulmane- ou son rattachement au Pakistan. Cette guerre a fait au
moins 60.000 morts depuis 1989.
Le Pakistan, qui dit soutenir uniquement moralement les insurgés
et condamne officiellement le terrorisme, a nié samedi que le général
Musharraf ait ordonné à ses troupes au Cachemire, comme le lui
demande notamment Washington, de mettre fin aux infiltrations, qui
auraient selon Islamabad cessé depuis la semaine dernière.
De son côté, l'armée indienne a annoncé samedi la reddition au
Cachemire de 21 militants cachemiris du mouvement Hezb-ul
Mujahedeen, de plus en plus divisé entre ses membres cachemiris
et pakistanais. Le chef indien du mouvement basé au Pakistan,
Abdul Majid Dar, a été exclu pour s'être prononcé en faveur de
négociations avec New Delhi.
La tension reste par ailleurs très vive entre les communautés
musulmane et hindoue à Ayodhya (Uttar Pradesh), où près de
10.000 hommes sont mobilisés, la police évoquant des menaces
d'attentat des islamistes pakistanais du Jaish-e-Mohammed.
Les nationalistes du Conseil mondial hindou veulent construire à
Ayodhya, où serait né le dieu Rama, un temple sur les ruines de
la mosquée de Babri, du XVIe siècle, qu'ils ont détruite en
1992, déclenchant des émeutes qui ont fait 2.000 morts. Les
derniers affrontements, en février dans l'Etat occidental du
Gujarat, ont fait un millier de morts. Les hindous veulent prier
dimanche sur le site. (AP)
 
Chronologie
Voici les
principales dates du conflit indo-pakistanais au Cachemire, de
1947 à mai 2002:
- 14 août 1947. Le sous-continent indien se divise entre l'Inde,
à majorité hindoue et le Pakistan, république islamique présidée
par Ali Jannah, chef de la Ligue musulmane. Des massacres
inter-communautaires font des centaines de milliers de morts.
- Automne 1947: La première guerre éclate à propos du
Cachemire, à majorité musulmane mais rattaché à l'Inde.
- 1e janvier 1949: L'Inde et le Pakistan signent un cessez-le-feu
sous l'égide de l'ONU marquant la division du Cachemir: l'Azad-Cachemire
et les territoire du Nord, soit 37% du territoire, passent sous
contrôle pakistanais tandis que l'Inde crée l'Etat du
Jammu-et-Cachemire sur les 63% restants. Les Nations unies
adoptent parallèlement deux résolutions prévoyant un référendum
d'autodétermination.

- 5 août 1965: La deuxième guerre du Cachemire éclate.
- 22 septembre 1965: Une médiation soviétique permet la
signature d'un nouveau cessez-le-feu entre l'Inde et le Pakistan.
- Mars 1971: La population bengalie du Pakistan oriental se
rebelle contre le pouvoir central et obtient l'aide de l'armée
indienne.
- 16 décembre 1971: Après 9 mois de combats qui ont fait plus
d'un million de morts, le Pakistan oriental obtient son indépendance
et devient le Bangladesh.
- 3 juillet 1972 : L'Inde et le Pakistan signent l'accord de Simla
aux termes duquel ils s'engagent à régler seuls leurs différends
militaires.
- 18 mai 1974: Le gouvernement indien procède à son premier
essai nucléaire à Pokharan, dans l'Etat du Rajasthan.
- 1983 : L'Inde lance un programme de mise au point de missiles.
- 1989: Des séparatistes musulmans, que l'Inde accusent d'être
soutenus par le Pakistan, entament une guérilla contre l'armée
indienne au Cachemire.
-Janvier 1990: Le Jammu-et-Cachemire est placé sous
administration présidentielle directe.
- 23 février 1994: Les deux chambres du Parlement indien adoptent
une résolution rejetant l'autonomie de l'Etat du
Jammu-et-Cachemire.
- Août 1997: Les forces indiennes et pakistanaises s'affrontent
à la frontière du Jammu-et-Cachemire.
   
1998
- Février à mars 1998: Les élections générales en Inde
donnent le pouvoir au BJP, parti nationaliste hindou, et mettent
au pouvoir Atal Behari Vajpayee.
- Avril: Au Pakistan, première version de son missile Ghauri
d'une portée de 1.500 km.
- 11 au 13 mai 1998 : L'Inde procède à cinq tests nucléaires.
- 28 au 30 mai 1998: En réponse aux essais indiens, le Pakistan
procède à six tests nucléaires.
- Décembre: Les accord indo-pakistanais interdisent aux deux pays
d'attaquer leurs installations nucléaires.

1999
- 20 au 21 février 1999: Le Premier ministre Atal Behari Vajpayee
effectue à Lahore la première visite officielle d'un dirigeant
indien au Pakistan. Avec son homologue Nawaz Sharif, ils
s'engagent à réduire les risques d'un conflit nucléaire et à
intensifier leurs efforts pour résoudre la crise du Cachemire.
- Avril: L'Inde teste Agni II, missile à capacité nucléaire
d'une portée de 2.500 km. Le Pakistan répond par le tir de ses
missiles Ghauri II et Shaheen, de respectivement 1.500 et 800 km
de portée.
- 9 mai au 12 juillet 1999: L'armée indienne lance une vaste
offensive contre la guérilla pro-pakistanaise qui fait plus de
1.000 morts dans la région de Kargil, dans le Jammu-et-Cachemire.
- 12 octobre 1999: Nawaz Sharif est renversé par le général
Pervez Musharraf prend le pouvoir au Pakistan.

2000
- Février: Le Pakistan effectue un essai d'un missile à courte
portée (100 km)
- 19 novembre 2000: L'Inde suspend ses actions militaires au
Cachemire.
2001
- 24 mai 2001: New Delhi proclame un cessez-le-feu unilatéral.
- 15 au 16 juin 2001: Lors du sommet d'Agra, en Inde, Pervez
Musharaf et Atal Behari Vajpayee n'arrivent pas à régler la
question du Cachemire.
- Septembre 2001 : Après les attentats du 11 septembre, le
Pakistan se range immédiatement derrière les Etats-Unis et
s'engage à combattre le terrorisme islamiste. Islamabad gèle les
comptes bancaires d'une organisation islamiste du Cachemire, le
Harakat ul-Moujahidine.
- 1er octobre 2001: Un attentat suicide contre le Cachemire indien
à Srinagar fait 38 morts. L'Inde tient le Pakistan pour
responsable.
- 13 décembre 2001: Un groupe terroriste armé attaque le
Parlement indien à New Delhi, tuant 14 personnes. L'Inde accuse
Islamabad de soutenir ces terroristes.
- 26 décembre 2001: Les deux groupes armés basés au Pakistan et
accusés par l'Inde d'être responsables de l'attentat du 13 décembre,
sont placés par Washington sur la liste noire des organisations
terroristes.
- 27 décembre 2001: Le gouvernement indien prend une série de
sanctions économiques et diplomatiques envers le Pakistan dont il
interdit aux avions de survoler son espace aérien. Le personnel
diplomatique des deux pays est réduit de moitié. Les deux armées
commencent à être mobilisées.
2002
- 12 janvier: Le président Musharraf annonce une répression des
organisations extrémistes au Pakistan et l'interdiction de cinq
groupes islamistes, dont les deux mis en cause par New Delhi après
l'attaque de son parlement.
- 18 janvier 2002: Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell
quitte l'Asie du sud après avoir tenté une mission d'apaisement
entre l'Inde et le Pakistan.
- 25 janvier: L'Inde teste un missile Agni I de portée intermédiaire,
700 km. Islamabad l'accuse de déstabiliser la région mais
s'engage à la retenue.
- 5 mars 2002: New Delhi expulse deux diplomates pakistanais accusés
d'espionnage.
- 7 mars 2002: Le général Pervez Musharaf affirme ne pas écarter
un recours à l'arme nucléaire "en tout dernier lieu".
- 11 mars 2002: Islamabad renvoie à son tour deux diplomates
indiens et annonce avoir tiré sur un avion indien ayant violé
son espace aérien.
- Avril: L'Inde tire un missile de croisière supersonique, le
Brahmos, mis au point avec la Russie. Le missile a une portée de
300 km et peut emporter une charge conventionnelle de 200 kg.
En plus de ses Agni (Feu), l'Inde possède des missiles Prithvi
(Terre), des engins fixes dans des silos, d'une portée de 250 km.
Elle teste aussi des Trident sol-ari à courte portée.
- 14 mai 2002: Une attaque menée par des rebelles séparatistes
musulmans contre un autocar civil, puis contre une base militaire
au Jammu-et-Cachemire fait 35 morts et précipite les deux pays
dans la guerre. Les jours suivants, environ un million d'hommes
sont massés de part et d'autre de la frontière et les échanges
de tirs deviennent quotidiens.
- 22 mai: M. Vajpayee se rend au Cachemire, déclarant aux troupes
indiennes que le moment d'un "combat décisif" est venu.
- 25 mai: Le Pakistan procède à un tir de missile capable de
transporter une charge nucléaire. L'Inde n'est "pas
impressionnée" par ce missile balistique de moyenne portée
de type Hatf-V/Ghauri, du nom d'un grand conquérant musulman de
l'Inde.
- 26 mai: Le Pakistan tire avec succès un second missile sol-sol
malgré la réprobation internationale. Ce missile Hatf-III/Ghaznavi,
du nom d'un conquérant turc musulman qui a défait l'armée
indienne, de plus courte portée (290 km).
- 28 mai: 3ème tir de missile balistique, qui "conclut"
la série d'essais du Pakistan. Ce missile de type HATF-II/Abdali,
de courte portée, tire son nom d'un conquérant musulman de
l'Inde, venu d'Afghanistan au 18ème siècle. Il est considéré
comme le père de l'Afghanistan moderne. C'est le premier essai de
ce missile capable de transporter des ogives sur 180 kilomètres.
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