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> Carnet de voyage à travers l'Inde 1997

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Nous vous proposons de découvrir les différentes étapes de notre dernier circuit en Inde

19 Novembre - 11 Décembre 1997

© François Schotte

  Choisissez une ville ou une date

19 Novembre: Paris

26 Novembre: Madras

5 Décembre: Backwaters

10 Décembre: Ajunta

20 Novembre: Delhi

27 Novembre: Pondichéry

8 Décembre:
Bombay

11 Décembre: Bombay

23 Novembre: Calcutta

3 Décembre: Cochin

9 Décembre: Allora

 

 

 

 

 

 

Vendredi 19 Novembre 1997: Paris -Delhi

Le vol Lufthansa décolle de Orly à destination de Francfort, première étape sur la route de l'Inde.
Vol sans histoire, confort à bord très sommaire. Seul un malheureux sandwich et un café nous sont servis. Où est passé le luxe d'antan ? A l'arrivée à Francfort, l'aéroport est baigné dans le brouillard, heureusement les systèmes de navigation aveugle qui équipent désormais tous les grands aéroports rendent la manœuvre tout à fait sûre même avec une absence totale de visibilité.
L'aéroport de Francfort est énorme. l'A330 roule pendant dix bonnes minutes avant d'atteindre son aire de parking. Nous mettrons autant de temps avec le bus pour joindre l'aérogare et deux fois plus pour aller jusqu'à la porte d'embarquement pour le vol suivant. Les voyages forment la jeunesse mais déforment les épaules lorsque l'on se balade avec des sacs lourdauds. Je n'ai jamais compris l'intérêt d'emmener des cailloux en vacances. Cela m'apprendra à vouloir jouer les représentants de la galanterie française! Encore heureux que Lufthansa ait sérieusement limiter ses règles en matière de bagage à main, sinon le voyage se terminait à la première étape par l'abandon d'un concurrent sur luxation de l'épaule.
J'ai oublié de raconter qu'à Orly, Lufthansa ayant eu la délicieuse idée d'équiper ses guichets d'enregistrement de gabarit, tout ce qui dépasse le style attaché-case est impitoyablement refoulé.
Le deuxième tronçon du voyage, Francfort - Delhi débute à 13h. Belle ponctualité de Lufthansa qui fait un sans fautes en dépit d'un fort remplissage du 747.
Mon voisin de gauche est Indo-Américain. Originaire de Jaïpur au Rajasthan, il exerce la profession de chirurgien à Long Island. Une vrai série télévisée... Nous papotons pendant une bonne partie du vol. Cela me permet d'éviter les Dinosaures Spielbergiens qui s'ébattent sur l'écran. Deux repas ponctuent le vol, tous les deux assez insipides. Nos cousins germains n'ont rien à envier aux grands bretons en matière de petits plats. Vivement Delhi.
Le vol passe vite et à 1H30 heure de Delhi, le 747 pose sa grosse carcasse majestueusement sur l'asphalte indien. Un peu d'attente pour récupérer le bagages (merci Lufthansa), un peu de change (seul Thomas Cook accepte mes traveller's en FRF, mais à un bon cours 6,25 alors qu'ailleurs 1 FRF = 6,10 RS). Signalons pour nos lecteurs que RS signifie Roupie. Pour deux mille francs, je me retrouve avec une montagne de coupures de 50 RS (250 billets). Décidément les voyages forment la jeunesse mais déforment le portefeuille!
Pour aller à l' hôtel, je choisis la solution la plus sûre, le Pre-Paid-Taxi. Vous payez d'avance à un guichet votre trajet. C'est un peu plus cher mais évite toute discussion et décourage le taxi d'utiliser le classique " l'hôtel où vous voulez aller, n'existe plus mais j'en connais un excellent où je peux vous emmener".
Autre avantage, à la sortie de l'aéroport on échappe ainsi à l'acharnement de la meute de rabatteurs qui veulent vous attirer dans leurs rickshaws ou leurs voitures. Le trajet jusqu'à l'hôtel prend plus d'une demi-heure (pour 195 RS soit 30 F). La ville change d'année en année. Plus aucun slumb apparent, mais à la place des immeubles neufs et des chantiers qui explosent de terre. Que l'on ne se fasse toutefois pas d'illusions, les bidonvilles existent toujours mais ils sont comme dans toutes les grandes villes indiennes de plus en plus repoussés à l'extérieur des centres villes et des zones où passent les touristes en descendant de leurs avions.
Le chauffeur du taxi a l'air un peu endormi. A deux reprises l'avant de la vieille Ambassador évite de peu l'empillonage sur un camion. Pas très loin de la porte de l'Inde, à un carrefour une voiture stationne sur le toit . Les occupants sont toujours dedans et les volontaires ne se bousculent pas pour dégager les malheureux et appeler une ambulance. Il ne s'agit pourtant pas du tournage d'un clip pour la Classe A.
Les accidents de la route font partie du paysage quotidien de l'Inde. Il faut dire que l'état du parc laisse fortement à désirer. Pas d'éclairage, des pots d'échappements qui crachent des épaisses volutes noires, des freins douteux. Il y a un marché potentiel énorme pour les électriciens automobiles et autres centres de contrôle (version optimiste), ou une absence totale de débouché pour les Baladurettes ou autres Jupettes (version pessimiste).
A l'arrivée à proximité de Connaught Place ou se trouve l' Hôtel Fifty Five, un grand classique: le chauffeur ne connaît pas l'adresse. Il interroge un conducteur de rickshaw qui nous propose ses services (pour 10 RS) pour nous guider vers l' hôtel. En fait celui-ci est vingt mètres devant, le chauffeur qui décidément dormait effectivement, ne l'avait pas vu. Devant le Fifty Five nouvelle petite arnaque classique: un prétendu gardien nous dit que l'hôtel est fermé, est d'ailleurs plein et qu'il vaut mieux que nous allions à l'adresse qu'il conseille. Après une ferme discussion, le "barrage" est passé et la réception atteinte. Le vielleur de nuit tend la clef. Ouf le séjour peut commencer.

Samedi 20 Novembre 1997: Delhi


Le Qutb Minar

Le Qutb Minar


Au réveil, la journée commence par la traditionnelle quête d'un havre accueillant pour le petit-déjeuner. Le dévolu est jeté sur Nirula, endroit à la mode qui tient du salon de thé branché, couru parmi la la jeunesse fortuné de Delhi. Ensuite, première étape touristique: Qutb Minar. Situé à quelques kilomètres au Sud de Delhi, il faut vingt minutes pour y arriver en rickshaws.
Durant le trajet, on goutte à l' intensité de la pollution de Delhi. L'air est profondément irrespirable, de quoi en comparaison transformer les pics parisiens d' Août 97 en joyeuses après-midi à a campagne. Encore une occupation à développer en Inde: écologiste urbain.
Qutb Minar est visible de loin; ce minaret de 72 mètres, édifié en 1199 est décoré des versets du coran. Actuellement en travaux, il n'est plus possible d'y monter. A proximité on aperçoit la base d'une construction similaire destinée à monter deux fois plus haut que ce chef d'oeuvre de l'art mogol. Toutefois ce projet ambitieux n'alla (est grand!) jamais plus haut que les fondations.
Autre curiosité du site: une colonne de fer, qui n'a jamais rouillé. Si vous voulez voir vos vœux exaucés, rien de plus facile, il suffit dos à la colonne de joindre les mains. Exercice que quasi personne ne réussit. Il n' y a pas qu'en politique qu'il est utile d'avoir le bras long.
Signalons pour les tintinophiles que Qutb Minar figure en bonne place dans Tintin au Tibet (premier plan lors de l'attérissage à New Delhi de nos héros).
Après cette étape, visite au Centre Culturel Triveni. Situé au bout de Barakhamba Road, ce centre présente deux points d'intérêt: des galeries d'art contemporains, reflet intéressant de la peinture et la sculpture actuelles indiennes et un sympathique petit restaurant situé à proximité d'une cour où répètent les étudiant en musique et en danse. Ce jour là la cour est déserte, par contre, Kanwal Soni artiste originaire de New Delhi y expose lors de notre visite.
La journée se poursuit en shopping au marché Palika sous Connaught Place (cd de musique classique indienne à 70 RS), et le passage rituel chez Bata pour ramener une paire de Hush Puppies, modèle de confort. Cette année, la nouveauté de ces Rolls du pieds est la présence d'un coussin d'air dans la semelle sur le même mode que les chaussures de jogging.
Pour finir souper à l' Embassy, rendez-vous couru des déjeuners d'affaire à Connaught Place. Les samosas y sont excellent et la King Fisher toujours très fraîche. La mezzanine est bien sympathique et permet un point de vue imprenable sur l'animation de l' établissement.

Dimanche 23 Novembre: Calcutta

Le pont de Howrah

Fairlawn Hôtel

Le pont de Howrah

Fairlawn Hôtel


Réveil à 4h45 Le taxi nous attend devant l'hôtel pour nous amener à travers les rues d'un New Delhi encore endormi vers l'Aéroport domestique.
Dans l' aérogare règne à 5H30 du matin une cohue qui nous vaut d'attendre bien longtemps avant de pouvoir être enregistré pour le vol de 7h d' Indian Airlines vers Calcutta. Aussitôt cette formalité ou plutôt corvée accomplie, il nous reste un quart d'heure pour aller grignoter un petit-déjeuner au restaurant au premier étage de l'aéroport. Un calme étonnant y règne après l'agitation de l'enregistrement.
Vol sans anicroche puis atterrissage à Calcutta. L'aéroport est propre et presque moderne; aucune cohue, est-ce annonciateur d'un Calcutta revenu à la sérénité?
Le trajet en taxi jusqu' à l'hôtel aura tôt fait de démontrer le contraire. A la différence de Delhi et Bombay qui semblent avoir entamé une sérieuse politique de relations publiques envers le tourisme, Calcutta reste très proche de l'image que l'on peut s'en faire. Une visite à la gare de Howrah après avoir traversé le pont le plus célèbre d'Inde nous convaincra immédiatement qu'il y a encore beaucoup à faire en matière de salubrité.
La traversée du pont est une véritable plongée dans une marée de véhicules. Près d'un million de personnes l'empruntent chaque jour dans une mêlée indescriptible. Un grand moment pour les poumons. A signaler qu'il est formellement interdit de photographier ce monument. Nous ne revendiquerons donc pas la paternité de la photo en rubrique.
Pour le repas le dévolu est jeté sur le Fairlawn Hôtel dans Sudder Street, charmant hôtel au charme désuet. Madame Violet Smith tient cet hôtel acheté par son père en 1936. Au moment de l'indépendance, en 1947, elle n'a pas souhaité regagner l' Angleterre et elle reprit le flambeau familial pour tenir ce souvenir vivant de l' Empire Colonial Britannique. L'hôtel propose une pension complète à 50$ pour 2, mais charme suranné, avec des repas à heure fixe et menu unique pour lesquels le maître d' hôtel appelle solennellement les hôtes en frappant sur un gong retentissant. La cuisine se laisse manger et l'atmosphère conviviale où les " pensionnaires " sont placés à de grandes tables où ils partagent le repas avec leurs voisins a beaucoup de charme.
Le soir repas en deux parties. L'Oberoï propose trois superbes restaurants, chers au standard indien (le prix d' une pizzeria française) avec un luxe total. Malheureusement il n'y a plus de place. Nous prenons l'apéro durant l'Happy Hour puis filons en taxi au Peter Cat Restaurant. Cadre très chouette, température fraîche (l'air conditionné est poussé au maximum), Mouton Massala excellent. Le tout pour un prix ridicule compte tenu du confort et de la qualité de la cuisine (360 RS pour deux).

Lundi 24 Novembre

Victoria Memorial

Victoria Memorial


La journée commence par une rencontre comme l'Inde sait en procurer. En prenant notre petit-déjeuner chez Flurrys, nous entamons la conversation avec un Calcuttais qui maîtrise le français. Il s'appelle Animesh Roy, a appris notre langue à l'université puis en suivant les cours de l'alliance française. Il nous parle de ses lectures: Gide, Camus, Baudelaire. Par ailleurs il profite des séances hebdomadaires de l'Alliance pour voir des films français. Le cinéma est d'ailleurs son métier: Animesh Roy est réalisateur de documentaires et de films d'entreprise. Sa société de production s'appelle Cinecorp. Il nous propose d'ailleurs de visiter son studio et nous laisse ses coordonnées.
Nous nous rendons au Victoria Memorial. Cette structure de marbre blanc du Rajasthan a été érigée par Lord Curzon comme chef d'oeuvre rival du Taj Mahal d'Agra. Monument à la gloire de la Reine Victoria, morte en 1901, le bâtiment recèle une belle collection de souvenir du "Raj", l'Empire Britannique des Indes à l'époque de sa splendeur. Une statue plutôt grassouillette de sa majesté trône devant l'entrée. L'ensemble a néanmoins un certain cachet et constitue une pose bien sympathique dans le tumulte de Calcutta d'autant que l'ensemble est entouré d'une belle pièce d'eau et d'arbres apportant de la fraîcheur dans la fournaise de la ville. Nous ne pourrons en visiter l'intérieur, en Inde tous les monuments et musées sont fermés le lundi.
Après le Victoria Memorial, nous remontons à pieds Park Street, jusqu'au cimetière anglais. Abandonné depuis de longues années, c'est devenu un terrain de cricket où les enfants viennent frapper la balle entre les tombes des dignitaires de l'Empire Britannique morts en terre Indienne. A noter que l'âge moyen figurant sur les tombes est assez jeune. On ne faisait pas de vieux os à cette époque entre la malaria, le tiphus ou les excès d'alcool pour meubler l'oisiveté. L'endroit conserve un certain cachet et est masqué par une épaisse végétation qui protège des bruits en plein centre de Calcutta.
Le soir nous retournons au Peter Cat, pour essayer le Sizzling, plat servi sur une pierrade encore flambante. C'est beaucoup trop copieux. Nous n'arriverons pas au bout..

Mardi 25 Novembre 1997: Calcutta

Rickshaw dans les rues de Calcutta

Marble Palace

Rickshaw dans les rues de Calcutta

Marble Palace



Nous avons effectivement bien fait de ne pas terminer notre Sizzling Mixed Grill. La nuit s'est passée à supporter d'horribles douleurs gastriques et au matin, nous nous levons dans un état pas frais du tout avec vomissements à l'appui.
Il nous faut faire un gros effort pour se mettre en route courbaturé et fievreux. Au "menu" du jour visite du Marble Palace. Nous prenons, vu notre état, un taxi ce qui nous permet tout le long du parcours qui traverse les quartiers moins résidentiels de Calcutta d'observer à l'abri de notre Ambassador l'animation de la rue
Les rickshaws tirés à bras d'homme (par les "hommes chevaux") se fraient un passage en avertissant de leur présence par un grelot gardé dans la main. Les embouteillages sont nombreux. On ne voit cependant que peu de vaches sacrées ou de charrettes à bœufs comme c'est encore le cas dans d'autres régions de l'Inde.
Notre conducteur, comme bien souvent, n 'a aucune idée de l'endroit où se trouve la destination que nous lui avons indiqué. Il s'arrête régulièrement pour demander sa route à des rickshaws - wallahs. Après avoir tenté de nous déposer devant l'échoppe d'un marbrier (il n'avait vraisemblablement retenu que le mot Marble dans la destination demandée), il nous dépose enfin à proximité du Palais. Arrivé sur place nous réussissons à pénétrer dans le palais grâce à un laisser-passer que nous avons eu la précaution de réclamer à l'office du tourisme.
Ce palais a été édifié par un raja esthète et fortuné et a vu sa construction s'achever en 1835. Ce raja, nommé Rajenndra Mullick Bahadur, a sans doute réussi à créer la plus prétentieuse mais aussi, la plus grandiose des demeures de Calcutta.
En effet, ce palais recèle une foule de statues, de bronzes et de toiles (des reproductions de Rubens, Murillo, Titien - des originaux selon d'autres sources, nous n'avons su faire la différence) confinant l'endroit à un condensé de l'art européen. Des lustres et chandeliers énormes, en cristal ont du à une époque éclairer l 'endroit. Désormais, ils "trônent" à côté de la Reine Victoria, très présente au milieux de dizaines de vestales dans le plus simple appareil. Dans un pays où le sexe est souvent très caché, le raja s'en est donné à cœur joie pour braver les interdits, au grand plaisir sans doute de ses visiteurs, trop content d'admirer de la chair claire (un must ici!).
Après la visite nous finissons par le grand jardin qui entoure le palais et qui fait office de mini zoo au milieu duquel un bassin donne un peu de fraîcheur à l'endroit. Un pélican et des signes gardent majestueusement les pelouses qui bordent la margelle. Les femmes viennent laver leur linge dans une eau à la couleur plus que douteuse, pendant que les hommes s'y ablutionnent.
Dernier détail sur cette demeure: depuis des années les propriétaires ont instauré leur resto du cœur Chaque jour, à midi, entre mille et quatre mille repas sont servis devant la grille d'entrée du Palais de Marbre.
Notre mini empoisonnement de la veille n'évolue guère favorablement. En début d'après-midi nous sommes fiévreux et sans force et préférons aller dormir, le sommeil étant dans ce cas le meilleur des réparateurs.
Nos 17 h de sommeil seront juste interrompus par la visite impromptue d'un imprimeur à qui j'ai commandé la veille des cartes de visite et qui ayant terminé le travail avec 24h d'avance, vient me livrer personnellement le résultat. Le travail a été très correctement exécuté. En dépit des subtilités de notre orthographe et de la syntaxe des Email et autres URL, il n' y a pas de fautes. Les 200 cartes me reviennent 300 RS : 48 F (cher sans doute pour l'Inde).

Mercredi 26 Novembre: Madras

Madras

Madras


Le jeun inopiné de la veille et la longue nuit nous ont ouvert l'appétit. A 6h30 nous sommes debout et en route pour Flurys afin de nous jeter sur un petit déjeuner savoureux.
Nous retournons ensuite au Victoria Memorial pour le visiter. Dans l'ensemble l'intérieur ne mérite guère la visite, nous n'en garderons pas un souvenir impérissable.
Nous rejoignons ensuite l ' aéroport pour partir à Madras.
Le trajet va nous réserver quelques émotions.
Vingt minutes avant d'atterrir à Madras, nous traversons un fort orage. Les éclairs tout autour de notre Airbus, pendant que celui - ci est secoué comme une noix de coco prête à tomber de l'arbre. Le pilote nous annonce qu'en raison d'une forte tempête et d'une visibilité réduite, l'avion ne pourra se poser à Madras mais doit se détourner sur Bangalore.
Nous nous retrouvons ainsi à nous poser à 22H sur le tarmac d'un aéroport qui semble désert. Arrêtés en bout de piste, nous attendons pendant plus d'une heure qu'une passerelle soit amenée. Nous apprendrons ensuite que nous avons cumulé tempête et grève des contrôleurs aériens, et du personnel de piste. Notre atterrissage s'est en fait effectué à vue.
Dans l'aéroport une longue attente commence. Entrecoupée d'annonces puis d'annulations. A plusieurs reprises, il est confirmé que nous serons logés à Bangalore puis ramenés le lendemain à Madras.
Finalement, vers une heure du matin, nous sommes invités à aller retirer une nouvelle carte d'embarquement et repasser aux contrôles de sécurité. Cette fois - ci, il n'y aura pas de contre-ordre, le vol Bangalore à Madras s'effectue sans anicroches. A 1h45 nous nous posons sur un Madras balayé par une pluie battante. Dans l'aéroport, nous apprenons que toute la ville est noyée par une queue de mousson qui vu tomber plus d'un mètre d'eau ces douze dernières heures. La quête au taxi s'avère difficile, la circulation étant fortement perturbé. Le stand Pre-Paid a fermé boutique, nous nous arrêtons à dormir dans l'aéroport dans lequel, il n'y a évidemment plus de Rest-Room disponible, (chaque aéroport ou gare indien dispose de chambres pouvant être loués pour un prix modique aux voyageurs).
Par chance, je suis abordé par un conducteur de taxi, un peu débrouillard, qui est parvenu à s'extirper des encombrements à l'abord de l'aéroport. Après marchandage difficile (il est en position de force), nous chargeons sous une pluie diluvienne et prenons la route de notre hôtel, à qui nous avons téléphoné pour vérifier que notre chambre était toujours disponible.
Le trajet va s'avérer épique. La chaussée est transformée en piscine. Le taxi avance au milieu de deux spectaculaires gerbes d'eau. A plusieurs reprises, le chauffeur qui semble avoir appris à conduire en assistant au grand prix de Monaco sur pneus slicks sous la pluie, fonce à travers un Madras apocalyptique. Nous ne sommes guère rassurés, mais Shiva nous ayant protégé nous arrivons finalement à bon port.
Là nouvelle attente, l'hôtel est plongé dans l'obscurité par une coupure de courant. Au lieu de nous donner la clé de la chambre et remettre au lendemain les formalités de remplissage des fiches d'accueil très respectée par les hôtels en Inde, il nous faut attendre le rétablissement du courant pour pouvoir après avoir rempli nos pages d'écriture, fort pesantes à cette heure de la nuit, rejoindre notre lit.

Jeudi 27 Novembre au mardi 2 Décembre: Pondichery

Char à boeufs de Pondichery

Char à boeufs de Pondichery


Aller de Madras à Pondichery, s'avérera après cette nuit d'aventure, une agréable promenade de santé.
Après 3h30 de bus, nous débarquons dans un Pondichery mouillé mais non inondé comme Madras.
Nous ne vous détaillerons pas notre séjour à Pondichery, autant que les jours précédents, les différentes rubriques de notre serveur Pondichery.com sont là pour vous fournir par le menu l'ensemble des observations, remarques et souvenirs que nous avons pu recueillir.
Nous nous contenterons de vous faire part de notre impression d'ensemble.
Pondichery demeure un endroit plein de charmes: une partie Est de la ville (celle qui borde l 'océan) appelée quartier blanc et une partie Ouest appelé quartier noir. Entre les deux un canal sépare ces deux villes. Effectivement deux villes car si la partie est ancien quartier français conserve une certain calme et une ambiance propice à la nostalgie, la partie Ouest est bruyante, voire violente par sa circulation désordonnée dans laquelle règne la loi du plus fort.
Un point commun pour les deux parties: la saleté. Ayant beaucoup voyagé en Inde, nous avons rarement vu une ville (sauf peut-être Calcutta) où la rue a autant été transformée en gigantesque poubelle. Chacun a pris l'habitude de venir comme au moyen-âge déversé ses ordures dans la rue. Le passage des ramasseurs d'ordures semble tout à fait aléatoire.
Le séjour à Pondichery est pour nous l'occasion de rencontres. La plus marquante est celle avec Amalor Arago, directeur du "Trait d ' Union". Nous ne vous rappelons pas l'histoire du journal que vous pouvez retrouver sur le serveur Pondichery.com mais cette rencontre nous apparu comme un moment privilégié.
Avec une grande sensibilité et un humour revigorant qui par instant nous faisant penser à celui du grand écrivain Indien originaire de Madras R.K. Narayan. A l'aide de nombreuses anecdotes souvent très bien vues et très piquantes, Amalor Arago nous dressa une image assez vivante de la vie à Pondichery et des hauts et bas de la ville locale.
Il nous conta l'attrait que représente le départ en France pour certains Pondicheriens qui partent pour gagner six fois plus que chez eux mais finissent souvent dans des conditions de travail et de vie qui sont loin de leurs rêves. Amalor nous cita en autre l 'histoire d'un avocat parti chercher la réussite en France et qui ne put faute de reconnaissance de diplômes faire mieux que gardien d'immeuble ou livreur.
Amalor Arago avec quelques exemples bien choisis nous montra les vicissitudes de la ville, sans maire élu depuis bien longtemps, évoluant comme un bateau ivre. La saleté de la ville qui nous a frappé dès notre arrivée à Pondichery, y trouve sans doute sa genèse. La corruption qui se développe n'est vraisemblablement pas là pour arranger les choses.
Amalor Arago nous fit également part de son souci de trouver un successeur pour le journal. Celui-ci après avoir été lu essentiellement par la jeunesse est devenu un support dont le lectorat a vieilli. Le journal évolue désormais vers une position de lien plus intellectuel mais qui ne se régénère sans doute plus assez. Souhaitant en tous cas à Amalor Arago de trouver les moyens de faire durer cette belle oeuvre.
Nous finîmes l'entretien en évoquant avec Amalor Arago nos goûts en matière de littérature Indienne. Il nous indiqua que plusieurs textes inédits avaient été traduits ces derniers mois dans le Trait d'Union, de Narayan notamment.
Le lendemain nous eûmes le plaisir de nous voir apporter à notre hôtel à notre réveil des exemplaires du journal contenant ces textes. Merci encore M. Arago.
Le passage à Pondichery fut également l'occasion de rencontrer à l'École française d'Extrême Orient, Françoise L 'Hernault, archéologue, installée depuis vingt-cinq ans à Pondichery qui nous fournit des informations intéressantes sur les ouvrages relatifs à Pondichery.

Mercredi 3 Décembre: Cochin

Filet chinois à Cochin

Filet chinois à Cochin


Nous reprenons la route après ces six jours d'étape à Pondichery. Pour aller à Cochin, nous avons envisagé plusieurs scénari: le bus, le taxi , le train ou l'avion.
Le train semble trop long (36 heures), le bus nécessite trois changements. Nous envisageons pendant un moment de partir en taxi. On nous annonce pour les 615 km, 10 heures de route (3600 RS). Nous hésitons et finalement prenons une solution mitigée: taxi pour retourner à Madras puis avion de Madras à Cochin. C'est de loin la solution la plus onéreuse (7850 RS) mais la plus sûre et la moins fatigante. Nous craignons que le Kerala soit sous la pluie et que les routes soient peu carrossables.

A sept heures du matin, le taxi vient nous chercher à la Park Guest House. Le taxi pour une fois a moins de 20 ans et le chauffeur semble raisonnablement prudent après une semaine d'émotions régulières dans les rues de Pondichery.
Nous mettrons 2h30 pour faire les 165 km nous séparant de l'aéroport. Nous passons par des petites routes pas très fréquentées qui nous permettent une nouvelle fois de constater à quelle point cette partie de l'Inde est essentiellement agricole. les paysages sont magnifiques, beaucoup de rizières et de marais salins.
Nous arrivons très en avance à l'aéroport de madras, ce qui nous semble plus sécurisant que les trajets tardifs dans l'angoisse de rater l'avion.
Le vol Madras-Cochin se déroule parfaitement et l'avion se pose dans l'île de Willingdon exactement à l'heure prévue.
Nous avons choisi une petite guest house, située à Fort Cochin. Un taxi nous y dispose. L'emplacement est agréable, à trois cent mètres des fameux filets de pêcheurs chinois qui représentent toujours Cochin, mais la chambre est particulièrement mal aérée et ressemble à une étuve.
Afin de nous préparer à une nuit d'attaques de moustiques (il y en a beaucoup dans cette région côtière), nous faisons notre provision d'armes (un four électrique à insecticide - le nec plus ultra en matière d'extermination dans tout ce que la terre peut compter d 'escadrilles d'insectes nocturnes), et de la pommade sensée faire fuir les survivants. Le résultat des deux protections sera particulièrement efficace, nous passerons une nuit tranquille.
Nous finissons l'après midi par une promenade le long de la plage. Avec le coucher du soleil, les pêcheurs reviennent. Une multitude de barques propulsées par des voiles bleues d'une gréement aurique très efficace reviennent vers la terre. Les pêches ont l'air copieuses. Arrivées au bord les barques sont remontées communautairement en les faisant glisser sur des rouleaux de bois.
Plus loin sont tendus les fameux filets chinois, gigantesque filets tendus sur des perches articulées qui par un ingénieux systèmes de contre- poids permettent à marée haute de régulièrement plonger puis ressortir de l 'eau ces gigantesques épuisettes manœuvrées par au moins quatre ou cinq pêcheurs.

Jeudi 4 Décembre: Cochin

Réparation du filet à Cochin

Réparation du filet à Cochin


Pour nous rendre à Ernakulum, partie principale de Cochin nous commençons par prendre un bac nous venant sur l'île voisine Willingdon où nous avons atterri la veille. Notre bateau passe à proximité d'un banc de dauphins qui s'ébrouent. Nous faisons sur le bateau connaissance d'une sympathique Anversoise, qui passe son 6ème séjour en Inde (pour 3 mois). Elle revient du Rwanda où elle officie pour la croix Rouge. Après les horreurs de ce pays qu 'elle nous compte brièvement les petits soucis de confort de l'Inde paraissent bien peu de chose.
Nous consacrons la journée à une promenade en bateau sur les backwaters. Le bateau est une grande pirogue pouvant accueillir une dizaine de personnes et manœuvrées par des "gondoliers" style Venise qui, à l'aide de grandes perches qu 'ils enfoncent dans le fond de l 'eau guère profonde, font avancer notre embarcation rapidement. Nous parcourons ainsi pendant quatre heures des canaux cheminant au milieu des villages. Parfois nous découvrons au hasard des boucles que font ces canaux des familles en train de prendre leur bain ou faire leur toilette dans une eau à côté de laquelle la Seine paraissait pour une eau minérale descendant droit de l 'Himalaya.
Au milieu de notre promenade nous nous arrêtons au fast-food local. Le serveur grimpe à mains nues en haut d 'un cocotier pour en descendre des noix de coco qu 'il ouvre ensuite avec dextérité pour y planter une paille nous permettant de délecter un lait savoureux. Une fois le lait bu, il nous découpe la noix à grand coups de machette qui nous rendrons manchot à la première tentative.
Après cet intermède nous terminons la remontée des back-waters en traversant une véritable marée verte à travers laquelle nos deux "gondoliers" doivent s'arc-bouter sur leurs perches pour faire avancer notre embarcation.

Vendredi 5 Décembre: les Backwaters

Back Water

Back Water

Aujourd'hui nous consacrons la journée à la visite des différentes îles mais avant nous commençons par essayer le buffet du restaurant Le Coq D 'Or au 3563 de Mahatma Ghandi Road (rez de chaussée de l 'hôtel International).
Pour 150 RS, ce buffet donne un reflet assez complet de la cuisine du Kérala (épices comprises). Nous avons essayé le Seafood Gratine: gratin de fruits de mer). Préparation remarquable digne des meilleurs gratins de coquille Saint Jacques. Nous avons terminé par le Brule Cream Pie (mélange entre le gâteau et la crème brûlée ) Tout à fait succulent. Le restaurant est impeccablement tenu et attire une clientèle nombreuses de repas d' affaires le midi, Le chef est M Nadakumar P. S.
La visite des îles débute de la Sealord Jetty à Ernakulam. Nous abordons tout d'abord après vingt minutes de navigation, la partie Nord Est de Fort Cochin, pour aller visiter la Synagogue Juive. La communauté juive de Cochin fait office d'enclave isolée d'émigrants juifs ayant fui la Palestine il y deux millénaires. Au cours des temps cette communauté a fondu , il ne reste plus aujourd'hui qu'une vingtaine de membres.
La synagogue originale, construite en 1568 a été détruite par les Portugais puis rebâtie en 1664 lorsque les Hollandais en pris possession de Cochin. La curiosité de cette synagogue est son sol couvert de carreaux de céramique ramené de Canton au milieu du XVIII ème siècle Il n'y a pas deux carreaux identiques. Un gigantesque jeu des 7 erreurs !.
Après la synagogue, nous reprenons le bateau pour accoster à proximité des filets chinois et aller visiter l'Église San francisco. C'est la plus vieille église européenne construite en Inde (en 1503). Ce sont des pères franciscains accompagnant l'expédition conduite par Pedro Alvarez Cabral qui l'ont érigée. La structure d 'origine était en bois mais elle a été rebâtie en pierre au milieu du XVIème siècle. La dépouille de Vasco de Gama, premier européen à toucher le sol Indien à la voile après avoir contourné le Cap Horn, y a été inhumé pendant une quinzaine d'années avant que sa dépouille soit ramenée à Lisbonne. Parmi les particularité de l'église un ingénieux système de ventilation mécanique créant par un système de panneaux mobiles activité via des poulies une circulation d'air dans le bâtiment.
Après fort Cochin, nous prenons la mer pour l'île de Bolgatty En dépit de nos efforts pour scruter les flots, nous ne parvenons pas à revoir comme le deuxième jour des dauphins virevoltant à la surface de l'eau.
L'île de Bolgatty est pour nous une déception. Le Palais,transformé en hôtel de luxe, qui était présenté comme une curiosité méritant le déplacement est en travaux. Le cadre est par ailleurs un peu austère. Des bungalows pour lune de miel ont été érigés. Ils ressemblent à des soucoupes volantes rétro (façon cinéma des années 50), et défigurent totalement l'endroit.
Après Bogatty retour à Ernakulum avant de reprendre le bac nous ramenant à Fort Cochin.
Nous finissons la soirée par un repas au restaurant de l'hôtel Abad dans le quartier de Chullickal. Pour y arriver nous faisons près d'une demi-heure de rickshaw a travers les quartiers populaires à l'opposé de Fort Cochin. Il y a partout une ambiance de fête en effet ce soir est jour de célébration d'une divinité hindoue et les quartiers sont illuminés et décorés en conséquence.
Nous ne regrettons pas le déplacement car le repas couvre ses promesses: excellente soupe aux fruits de mer : Seafood Chowder (30 RS) suivie de Tiger Prawns (très grosses langoustines 125 RS) puis Caramel Custard. Grosse affluence: le restaurant est rempli essentiellement de familles qui fêtent le vendredi soir.

Samedi 6 Décembre: Cochin

Kathakali

Kathakali


Samedi matin, nous allons visiter le Dutch Palace, aussi appelé Palais de Matancherry. Il a été construit par les portugais en 1555 puis offert au Raja de Cochin afin d'obtenir ses bonnes grâces pour commercer. Il a pris le nom de Palais Hollandais après avoir été rénové par ceux-ci en 1663. On peut y voir une superbe collection de palanquins, de vêtements d'apparat mais structure des fresques murales décrivant le Mahabharata.
Nous sommes à quelques mètres du quartier juif, nous en profitons pour faire le tour des antiquaires qui sont légions. Les meubles et les anciennes portes ornées de sculptures sont à foison, on a du mal à croire que tout soit aussi ancien que ce que les antiquaires annoncent.

Dimanche 7 Décembre: Cochin

Malabar house Residency

Cathédrale de Cochin

Malabar house Residency

Cathédrale de Cochin


Aujourd'hui nous passons la journée à découvrir calmement la côte de Fort Cochin.
Nous découvrons au hasard de nos pérégrignations la Malabar house Residency. Il s'agit d'une superbe propriété vieille de 250 ans qu'un antiquaire allemand a racheté afin de la transformer en une magnifique résidence hôtelière de luxe. Le manager, M. nous fait visiter avec fierté la plus belle des chambres; On y accède par un somptueux à vis donnnant sur une mezzanine dominant l 'entrée. La chambre n 'est meublée qu 'avec des objets dignes des plus beaux musées. La salle de bain est fastueuse. La baignoire est construite en angle et ouvre sur une terrasse qui l'entourre sur trois côtés. A noter que la carte du restaurant (dont le chef Jiju est italien) est aussi somptueuse:
En entrée:
• Tempura Terra E Mare: prawns, squid & vegetables dipped in batter and crispy fried) 120 RS
• Chhora Varatharachathu: tuna fish fried with coarsely ground coconut) 80 RS
En plat:
• Calmari Ripieni: quid stuffed with seafood, served with toast and salad: 100 RS
• Meen Manga Moily: Chunks of seer fish served in a mild coconut curry: 130 RS

Lundi 8 Décembre: Bombay

Marine Drive - Bombay

Marine Drive - Bombay


Nous reprenons la route vers le Nord. Nous faisons le voyage en deux tronçons: un vol Cochin-Mumbaï puis en fin de journée Mumbaï-Aurangabad.
Pour ces deux vols, nous prenons une compagnie privée Alliance-Air. Service irréprochable et grande exactitude dans les horaires. Depuis quatre ans, l'Inde à ouvert le transport aérien intérieur à la concurrence privée. Face au mastodonte public Indian Airlines, plusieurs compagnies se batttent pour prendre une part de ce gigantesque marché. On ressent plutôt jusqu'à présent un effet bénéfique à cette concurrence: la qualité génrale du service s'est améliorée, chaque compagnie fait de gros efforts pour apporter un service sans faille. En matière notamment de respect d'horaires Air France Europe aurait beaucoup à apprendre des Indiens.
Entre les deux vols, nous passons quatre heures à Mumbaï. En un an, il nous semble que la ville s'est fortement dégradée. Tout le trajet de l'aéroport Santa Cruz au Nord jusqu'au centre de Mumbaï, nous voit longer des kilomètres de bidonvilles qui n'ont rien à envier à ceux de Calcutta en matière d'insalubrité. Le nombre de mendiants arrêtant les voitures à chaque carrefour a également fortement progressé. Nous venons pour la sixième fois à Bombay (qui a depuis changé de nom pour s'indianiser), et avons le sentiment de revenir quelques années en arrière. Peut-être est-ce dû à la période à laquelle nous venons; La saison des pluies qui se terminent amène peut-être à un exode urbain saisonnier.
Nous pofitons de ces quelques heures pour passer réserve au Sea Green South. Situé sur Marine Drive, l'avenue qui longe la côte, cet hôtel ou nous retournons année après année présente l'avantage de marier pour un bon rapport qualité prix, bon emplacement (pas très loin du centre touristique de Mumbaï - la porte de l 'Inde) et propreté au dessus de la moyenne.
Le vol Mumbaï nous amène à 19h à Aurangabad. Nous choisissons de loger à proximité de MTDC, l'office de tourisme du Maharastra qui organise les excursions vers Ajunta et Ellora, dans un petit hôtel: le Shreeh Maya (confort correcte mais propreté plus que limite).

Mardi 9 Décembre: Allora

Allora

Allora


Nous essayons ce soir Food Lovers situé juste en face du MTDC Holiday Camp sur Railway Station Road.
Le cadre est très symathique. Une grande paillotte, sol en terre batue et éclairage coloré. Carte indo- chinoise. Nous essayerons la Sweet Corn Vegetable Soup (20 RS), et les Chicken Chinese Chopsuey (40 RS), copieux. Pour terminer, excellentes glaces (Ice ream with hot chocolate à essayer 25 RS). Dans l 'ensemble une cuisine agréable mais sans finesse.

Mercredi 10 Décembre: Ajunta

Ajunta

Ajunta

Aujourd 'hui nous découvrons Ajunta. Deux heures et demi de bus MTDC dans des payasages arides superbes et une route qui serpente parfois à fleur de montagne. Le trajet se déroule sans encombre et nous arrivons dans un site magnifique où dans un site très encaissé où coule une rivière, la montagne a été creusée d 'une vingtaine de grottes couvertes de peintures et de bas-reliefs. Découvert par un chasseur de tigre anglais lors d'une battue, à la fin du 19ème, le site n 'a réellement été préservé qu 'à partir des années vingt. Une bonne partie des fresques sous l'effet de l'érosion, des moussons et des pillages ont été détériorées mais le site recèle encore de trésors artistiques fabuleux. Il faut voir en particulier le boudah aux trois expressions. Selon l'angle sous lequel on l'éclaire il passe alternativement du méditatif, au souriant puis au sérieux; A voir également la fresque de la femme au collier de perles dont celui - ci bénéficie d 'un effet lumière censé provenir du mirroir dans lequel elle se regarde. Le trou crée un effet 3D absolument stuféfiant.
Il est indispensable pour apprécier pleinement la visite de se faire accompagner d'un guide tant le site recèle de subtilités que seule l'aide d'un spécialiste permet de découvrir.
Le soir nous soupons au Mingling sur Janla Road , restaurant chinois disposant d'une bonne réputation à Aurangabad. Après essai, nous pouvons vous confimer que cette réputation n'est pas surfaite. Nous avons remarqué sur la carte et essayé:
Dans les soupes chinoises:
• noddle soup (30 RS)
• sweet corn asparagus chicken (asperge et poulet) 40 RS
Dans les plats:
• roast lamb Hong Kong Style (agneau rôti): 55 RS
• roast chicken canton Style (poulet rôti): 70 RS
La cuisine est extrémement fine et les sauces particulièrement délicates. Un des meilleurs restaurant chinois qu 'il nous ait été donné d 'essayer en Inde.
En desset
• hot fudge nut sundae (glace noisette chocolat chaud): 40 RS
Une excellente adresse à placer en tête de liste à Aurangabad.
Après le dessert, le livre d'or vous est proposé. Comme d'habitude les remarques s'échelonnent entre la béatitude d'après repas, l'humour facile et la critique ironique un peu injuste.

Jeudi 11 au Samedi 13 Décembre: Bombay

Francois Schotte

François Schotte


Nous revenons à Bombay pour terminer notre séjour. Mumbaï est une source inépuisable de shopping.

 


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