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Dimanche
31 Janvier- Mardi 2 Février: Coïmbatore-Ooty
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Pour
ce second tronçon,nous choisissons de combiner les moyens
de transport: taxi de Pondichery à Madras, avion jusqu'à
Coïmbatore puis taxi jusqu'à Ooty.
La route n'est qu'un long ruban de virages en épingles
à cheveux, chaque dépassement une aventure. En fonction
du véhicule qui vient en face, les croisements se font
parfois par la gauche parfois par la droite au mépris de
toute logique et de toute sécurité sous l'oeil goguenard
de tribus de singes installés fièrement sur le parapet.
Le spectacle est sans doute plus attrayant que celui des trains
qui passent devant nos vaches.

Singes sur la route de Ooty
Après
trois heures d'émotions fortes et d"estomac noué,
nous arrivons à 2250 mètres d'altitude dans ce qui
fut longtemps le point de chute du gouvernement britannique de
Madras, des maharajas et des familles riches du Sud de l'Inde
en période de mousson.
Ooty, également appelé Udhagamandala et Ootacamund
était habité avant cette époque par les Todas,
tribu dont il n'y a plus aujourd'hui que 1500 survivants. Après
avoir ressemblé à une petite ville du sud de l'Angleterre,
Ooty est maintenant une grosse bourgade, pleine de poussière
dont le centre ville ne possède aucun charme. Il ne reste
que quelques belles églises,des écoles privées
et quelques jolies maisons et splendides palais transformés
souvent en hôtels ou guest-houses.

Ooty
Le
lac ne présente également guère de charme.
Par contre il faut absolument visiter le jardin botanique superbement
entretenu et monter sur les hauteurs afin d'apprécier le
calme des plantations de thé.

Plantations
de thé
Peu de restaurants méritent le détour. Nous avons
essayé Shinkow's Chinese restaurant, seule qualité
les portions généreuses, l'hôtel Savoy qui
brille essentiellement par son cadre et le Tandoori Mahal qui
est sans doute le meilleur compromis qualité prix de la
ville. Pour le logement rien non plus d' inoubliable, nous nous
sommes rabattus sur Reflections Guest House propre mais frustre.
En résumé une étape agréable pour
respirer l'air frais des hauteurs et apprécier les paysages
magnifiques, à condition d'éviter de respirer en
redescendant en ville.
Mardi 2 - Mercredi 3 Février: Bandipur
Nous négocions à Ooty le transport en taxi jusqu'au
parc national de Bandipur. Couvrant 865 km2, cette réserve
naturelle était jadis le parc de chasse personnel du Maharaja
de Mysore. Bandipur fait partie d'un des 15 sites retenus par
le WWF (World Wide Fund for nature) pour préserver les
tigres et leur habitat.
Pour parvenir de Ooty à Bandipur nous empruntons à
nouveau une route fortement pentue, sinueuse, pleine de virages
longeant le précipice. Nous avons démarré
au lever du soleil, ce qui présente l'avantage de croiser
peu de monde durant la descente. Les points de vue sont magnifiques.
Les champs de thé et les plantations en tout genre habillent
les pentes et créent une grande variété de
paysages.
A peine achevée notre descente, nous commençons
à traverser une première réserve naturelle,
celle de Mandalai (réserve de l'état du Tamil Nadu)
jouxtant cette de Bandipur (appartenant au Karnataka). Les rencontres
sont multiples: des faons à profusion, des paons, un sanglier,
et une infinité d'oiseaux colorés. Chaque virage
est l'occasion d'une nouvelle découverte.

Comme
lodge, notre chauffeur nous amène d'abord à des
bungalows dépendant de l'office de tourisme du Karnataka.
Ils sont très bon marché mais ils auraient dû
être réservés à Mysore. Notre chauffeur
nous conduit ensuite à Tusker Trails. il s'agit d'un ensemble
de six cottages situés près du village de Mangalla.
Ils appartiennent à une des filles du maharaja de Mysore.
Le forfait proposé (67$) inclut deux safaris, une ballade
en éléphant et les trois repas.
Les safaris se déroulent au lever et au coucher du soleil.
En attendant le premier nous allons nous balader à pieds
à travers le village de Mangalla et dans la brousse. Nous
ne faisons pas de rencontre d'animaux.
A la fin de l'après-midi nous partons faire notre premier
raid dans la forêt à bord d'un 4/4. Un couple de
jeunes indiens en voyage de noce partage notre véhicule.
Durant deux heures trente nous traversons les sentiers reculés
à la recherche d'éléphants et de fauves.
Après avoir croisé moult oiseaux, singes, daims,
chevreuils, nous repérons un troupeau d'éléphants,
tapi sous les arbres. Nous restons de longues minutes silencieuses
à les observer. Durant cette pose, nous entendons un rugissement
que notre guide reconnaît immédiatement. Un des rois
de la réserve (il y environ 80 tigres) est en train de
chercher sa pitance du soir. immédiatement nous remettons
la Jeep en marche et partons dans la direction du rugissement
entendu.
L'attente va être courte. En bas d'une longue descente d'un
kilomètre pour laquelle notre chauffeur a coupé
le moteur afin d'être aussi silencieux que possible, nous
apercevons un magnifique tigre traversant majestueusement la piste,
sans se presser. Avant qu'il ne disparaisse dans les fourrés,
nous pourrons l'observer une bonne minute. Le chauffeur et le
guide sont aux anges. Il se passe parfois de longues semaines
sans qu'ils débusquent un félin.

Pour notre part nous restons de longues minutes sous le coup de
l'émotion: croiser un tigre en liberté n'est pas
chose courante. Déjà à la grande époque
des chasses des maharajas, celles-ci étaient bien souvent
infructueuses. La profondeur de la forêt et la densité
de la végétation constituent pour ces fauves des
protections bien efficaces.
Sur le chemin de retour, nous assistons à un coucher de
soleil féerique et croisons à nouveaux des multitudes
de daims sortant pour leurs ablutions du soir.
En
passant à l 'accueil de la réserve, nous sommes
invités à signer le livre d'or des "tiger sighters"
ceux qui ont eu la chance de voir un tigre. Bienvenue au club!
Le
second safari, le lendemain matin sera moins riche en rencontres.
Nous nous rendons alors compte de notre chance. Avec une végétation
aussi dense la probabilité de rencontres impromptues reste
faible.
Nous ne pourrons malheureusement pas faire la ballade en éléphant
que nous attendions avec impatience. Une des éléphantes
vient d'avoir un petit. En guise de consolation nous croiserons
la petite famille de pachydermes en revenant au lodge.

Suite
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