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  Préparation au voyage en Inde: la cuisine indienne

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La cuisine   
Lexique de la cuisine indienne
 

Principales plantes aromatiques ou épices 

Usage des épices

 

Cuisine des épices

L'odeur inoubliable de l'Inde n'est pas  uniquement le parfum délicat du jasmin et des roses ou du bois de santal dans l'air chaud. mais il y a aussi celle des épices si essentielles pour la cuisine indienne 

La diversité des ingrédients et des épices rend la cuisine indienne extrêmement goûteuse. les voyageurs occidentaux sont généralement étonnés d'apprendre que le terme "curry" est en fait d'origine anglaise. En effet, "curry" est une déviation du mot "kari" signifiant simplement sauce.  

Epices au Rajasthan

La cuisine indienne utilise environ 25 épices, savamment choisies pour chaque plat et pilés au mortier :

  • le piment rouge et poivre, pour les plats très épicés (hot)

  • le gingembre pour les aliments moins relevés

  • cardamome, muscade, cannelle, cumin, clous de girofle, cucurma et ail

  • le safran apporte au riz son goût particulièrement fin et sa coloration jaune. De nombreuses sauces masala contiennent de la coriandre, à la fois fort et acidulé.

  • le garam masala est un mélange de poivre, de clous de girofle, de cannelle, de cardamome et de cumin.

  • la menthe, le laurier, le sésame, l'aneth, les graines d'oignions et la moutarde occupent aussi une grande place dans la cuisine indienne.

  • On utilise généralement le ghee (beurre clarifié) associé à de l'huile de sésame, de graines de moutarde ou de noix de coco.


Plusieurs de ces épices possèdent des propriétés médicinales. Les épices, tout comme l'ingrédient de base, varient d'une région à l'autre. Bien que tous les hindous ne soient pas végétariens, vous mangerez probablement plus de plats de légumes. Les légumes indiens sont peu chers, varies, abondants, frais, et bien cuisinés. Les plats de viande sont également à l'honneur.


Une spécialité du Golden Gate à Mumbai

Photos prise au Golden Gate, un excellent restaurant de Mumbai

Restaurant Golden gate à Mumbai

Le Nord de l'Inde est le berceau du meilleur riz, le basmati.

On trouve des galettes de pain (roti) sous diverses formes - toujours servies chaudes et parfumant l'air, elles sont tout simplement délicieuses.

En attendant l'arrivée du plat de consistance, on peut grignoter des pappadams (chips à base de farine de légumes secs, en général de lentilles).

Généralement des chapatis chauds (galettes de farine et d'eau) accompagnent tous les repas. Beurrés, les chapatis se nomment alors paratha, cuits au four, nan, et frits, puri.

Les masala dosa (légumes très relevés enveloppés dans un galette de farine de lentille) sont appréciés, ainsi que les pakora (beignets de légumes, choux-fleur, aubergines, pommes de terre) ou encore les samosa (chaussons triangulaires fourrés de curry de légumes) et les chana (pois chiches épicés, servis avec un nan).  

Cuisine des épices

La cuisine tandoori, d'après le four au feu de bois en terre cuite tandoor, est très répandue dans le nord de l'Inde. Les plats sont accompagnés d'épices macérées avec du yaourt, puis cuits au four.  

Cuisine Tandoori chez Vrundavan (Goa)

Cuisine tandoori chez Vrundavan (Goa)

Restaurant vrundavan (Goa)

Le Pendjab, berceau du tandoor, possède une cuisine goûteuse, influencée par les anciens conquérants venus du nord-ouest - Grecs, Perses, Afghans et Mongols.

A recommander particulièrement, le murgh tikka (viande de poulet marinée à la menthe et à l'ail), le shikh kebab (rouleaux de viande hachée d'agneau grillés au tandoor), les tandoori Jhinga (gambas) ou le tandoori pomfret (poisson).

Dans la cuisine du Pendjab, on consomme aussi du murgh makhani (poulet au beurre) et du raarha meat (agneau grillé).

La cuisine kashmiri est douce et parfumée. Les épices y sont utilsées en petite quantité et de nombreux plats sont à base de yaourt ou d'amandes. A goûter particulièrement au Cachemire : le rogan josh (curry d'agneau) ou le gushtaba (boulettes de viandes épicées et sauce au yaourt).

Epices et cuisine indienne

La cuisine mughlai trouve son origine dans les vallées du Gange et de l'Indus. Les Moghols, qui appréciaient fort la cuisine indienne, contribuèrent à son essor. C'est ainsi que dans le district de Lucknow (Uttar Pradesh), à Awadh, s'est formé un centre culinaire. parmi ses spécialités, citons le murgh mussalam (poulet grillé), le gosht korma (incomparable curry d'agneau épicé au safran, à la fleur de muscade et au cardamome), le nahari (curry d'agneau que l'on mange au petit déjeuner avec du pain), le sabzi gosht (ragoût d'agneau, de navets iu de courgettes et d'épinards, à l'huile de moutarde); le phaldari kofta (boulettes de bananes crues à la sauce tomate), le dhingri dulma (champignon et fromage blanc au cumin), le kabori et le galouti, deux sortes de kebab.

Sur la côte Ouest, il y a un grand choix de poissons et de fruits de mer; Le "Bombay duck" (curry ou friture de poisson "bombloe") et "pomfret" (Saumon indien) n'en sont que deux exemples. La côte du Kerala est connu pour la variété des plats de poissons et de crevettes. Une autre spécialité est le Dhan Sak à la Pharsi (agneau ou poulet cuits avec des lentilles au curry) et la marinade Vidaloo au vinaigre. Le poisson est également typique de la cuisine Bengali: Dahi Maach (curry de poisson au yaourt et parfumé de curcuma et gingembre) et la Mailai (un curry de crevettes à la noix de coco). 

Dans les plats de biriyani, la viande (poulet ou agneau) est mélangée à du riz de couleur orange , finement épicé, et dans les korma, on agrémente la viande rôtie d'une sauce douce au yaourt ou à la crème. Le saag gosht se compose de viande et d'épinards.

On peut commander en légumes :d'accompagnement bon nombre de plats végétariens : le dhal (incontournable purée de lentilles), le dhal makhani (lentilles à la crème), le mattar paneer (fromage et petits pois en sauce); l'alu dum (curry de pommes de terre), l'alu chhole (pois chiches acides et dés de pommes de terre), le sarsonda saag (légumes dans des feuilles de moutarde au beurre); le chholia te paneer (pois chiches et dés de fromage grillés), le bharta (aubergines, oignons et tomates grillés au feu de bois) et le sabzi (curry de légumes) ainsi que les bhujas (légumes)..

 

Pour adoucir le riz souvent très épicé, on sert le dahi (yaourt) ou le raita (yaourt et légumes, en général du concombre, tel le tzatziki grec).

Les chutneys sont des sauces généralement aigre-douces, contenant des  légumes ou des fruits (par exemple le mango-chutney, le coconut-chutney et le lime-chutney)..

Le lassi (babeurre servi soit salé , soit sucré) est une boisson très rafraîchissante.

Beaucoup  de restaurants proposent des menus bon marché végétariens, les thalis.  

En fait, le terme "thali" provient d'un plateau rond en métal compartimenté .Dans certaines régions rurales, ces plateaux peuvent se transformer en feuilles de bananier. 

On y trouve par exemple trois coupes contenant le riz, du yaourt et un curry de légumes, le tout accompagné de pickles, de chapatis, et de pappadams.

 

Nombre de touristes pensent que la cuisine indienne ne possède pas de desserts dignes de ce nom. Ce n'est pas le cas.

L'élément de base est le fromage blanc ou le lait caillé. Les jalebi (spirales de pâtes frites au sirop) sont délicieux ainsi que les kulfi (sorte de glace à la pistache et aux amandes). Les halwas (à ne pas confondre avec les halvas turcs), les gulab jamum (lait, yaourt et amandes pilées au sirop), les rasgulla (petites boulettes de fromage blanc sucré, parfumée à l'eau de rose) ou les firni (crème de riz aux amandes, aux raisins et aux pistaches).  

Les sucreries sont principalement des desserts à base de lait, des pâtisseries et crêpes. Partout en Inde vous pouvez goûter le Kulfi, la glace indienne, Rasagulla (des boulettes de fromage blanc parfumées à l'eau de rose), Gulab Jamun (à base de farine et de lait) et Jalebi (une sorte de beignet au sirop). Outre le choix splendide de bonbons et confiserie, il y a une abondance de fruits tropicaux - des bananes, des mangues, des grenades, des oranges et des melons ainsi que des fruits tempérés - des abricots, des pommes et des fraises. La pâtisserie occidentale est en vente dans les principales villes. Il est coutume de terminer le repas en mâchant le pan comme digestif. Le pan est une feuille de bétel dans laquelle sont enveloppées des épices telles que graines d'anis et cardamome. Une autre coutume indienne est de manger avec les doigts - mais se rappeler que l'on mange qu'avec la main droite.

Lexique de la cuisine 
  • Alu :
    pomme de terre.
  • Âm ou Âmra :
    mangue, se consomme en légume lorsqu'elle n'est pas mûre, ou se met en morceaux dans les ragoûts de viande ; elle est longue à cuire ; on en fait de chatnis; mûre, elle se sert en dessert.
  • Âmra Peara :
    goyave
  • Anacarde :
    noix de l'anacardier possédant une amande blanche et douce, dite noix de cajou ou châtaigne d'acajou.
  • Bhelpuri : puri recouvert de légumes divers (lentilles, pois chiches, etc.) de fines herbes, de chatni, servi en amuse-gueule. On en vend sur les plages de Bombay.
  • Cha :
    thé ; les Indiens de l'extrême-nord du pays le préparent comme les Russes, dans un samovar.
  • Cachumbar:
    légumes crus hachés, souvent avec ajout d'herbes fraîches.
  • Canard de Bombay :
    poisson effilé de la mer d'Oman, mince et plein d'arêtes ; se sèche et se sert frit ou mariné, en curry ; son odeur forte ne plaît pas à tous.
  • Carala :
    sorte de concombre amer, existant en deux tailles distinctes, soit de 10 à 20 cm, soit de 3 à 4 cm ; il possède de grosses graines dures qu'on laisse pour le cuisiner.
  • Citron :
    en Inde il s'agit surtout d'une variété de citron vert légèrement amer.
  • Courges :
    elles sont parfois blanchies puis mises au sel, pour accompagner certaines préparations.
  • Dahi :
    yoghourt
  • Dam :
    cuisson spéciale à la vapeur, dans un pot bien hermétique.
  • Degghi :
    casserole en cuivre, sans anse et sans manche.
  • Do Pyazza :
    nom générique des plats cuits avec des oignons.
  • Figue :
    verte, elle entre dans les plats en sauce.
  • Ghi :
    beurre de lait de buflonne clarifié par cuisson longue.
  • Ghosh :
    agneau.
  • Halva :
    préparation sucrée, à base de lait, de légumes (carottes, courges) ou de fruits, longuement cuite jusqu'à consistance de purée épaisse ; elle n'est pratiquement jamais "maison" mais s'achète chez les patissiers- confiseurs spécialisés, les Halaï, travaillant de père en fils.
  • Huiles :
    en Inde, notamment au sud, plusieurs huiles sont utilisées en cuisine : huile d'arachide (appelée pistache de terre ou noix de terre), huile de gingil (sésame), huile de noix de coco.
  • Jalebi :
    beignet fait d'un mélange de farine de blé et d'amidon de riz, et de yoghourt, la pâte étant dressée dans une sorte de presse ou poche à douilles, en spirale directement dans le bain de friture ; réputé comme fort difficile à réussir, ce beignet est acheté chez l'Halvaï.
  • Jalpâs :
    olivier ; le fruit ne s'utilise pratiquement que vert, en achar ou en chatni.
  • Jaque :
    fruit du jaquier que les végétariens préparent à la place de la viande, avec les mêmes sauces, tant sa chair a de consistance ; vert, il est dénommé enchor, mûr il devient panas et se consomme avec du lait ; ses pépins séchés se cuisinent ; pendant la mousson, il est d'usage de les griller comme des marrons.
  • Jhinga :
    grosse crevette
  • Karhai :
    bassine à friture ressemblant au wok chinois.
  • Katori :
    petit bol pour les nourritures semi-liquides ou en sauce, se met sur le thali pour le repas.
  • Khir :
    desserts semi-liquides à base de lait réduit par cuisson, jusqu'à consistance crémeuse, d'une grande variété de natures et de goûts.
  • Kofta :
    boulette de mouton garnie d'une feuille d'argent comestible.
  • Lichu :
    nom du litchi.
  • Lota :
    récipient en terre ou en cuivre, à col rétréci, que les Indiennes portent sur la tête pour transporter l'eau.
  • Marumba :
    figues au sirop épais, aux épices (cardamone, canelle, safran) et au citron.
  • Matki :
    sardine, poisson le plus commun et le plus abondant dans la mer d'Oman, représentant environ le tiers des poissons pêchés au large des côtes du Kerala ; les pêcheurs enduisent les coques de leur bateau avec son huile.
  • Min Mappa :
    plat de carpe.
  • Min Pada :
    achar de poisson.
  • Min Tuliva :
    plat très spécial préparé sur la côte de Malabar avec la blanchaille : on fait revenir celle-ci à l'huile avec des oignons, des piments verts, des feilles de Kari et du gingembre, on mouille avec un troisième lait de coco, à évaporation on ajoute un deuxième lait de coco, puis une fois celui-ci à nouveau évaporé, un premier lait et du vinaigre pour constituer la sauce.
  • Murg :
    poulet.
  • Närikel Närkel :
    noix de coco ; les Indiens du sud en consomment beaucoup, prélevant la pulpe avec une râpe spéciale à manivelle adaptée à une sorte de tabouret bas ; l'eau de coco est le jus naturel se trouvant à l'intérieur de la noix à maturité ; le lait de coco est extrait de la chair râpée, le premier lait obtenu est le plus riche, le résidu arrosé une première fois d'eau tiède, donne le deuxième lait, et une seconde fois le troisième lait, de plus en plus clair
  • Pakora :
    beignets de légumes préparés avec de la farine de pois chiches.
  • Paniphal :
    fruit (châtaigne d'eau) que les Indiens grignotent à tous moments de la journée.
  • Pannir :
    fromage blanc très épais, voire solide et coupé en cubes.
  • Patrani Machli :
    tranches de stomatée farcies de chatni et de coriandre fraîche, cuites à la vapeur ou dans une feuille de bananier.
  • Penpen :
    papaye.
  • Piments :
    les piments verts frais peuvent être macérés dans du lait caillé puis séchés ; ils seront alors utilisés frits et servis en garniture.
  • Pulicha Min :
    plat de poisson entier, notamment stomatée ou maquereau.
  • Raita :
    salade de légumes crus ou cuits, au yoghourt et aux épices.
  • Saïve :
    beignets farcis de pois chiches.
  • Samosa :
    beignets farcis de légumes, de viande ou de fruits.
  • Sandesh :
    lait cuit avec du sucre, parfumé à la noix de coco, puis frit en beignet.
  • Sitâphal :
    anone, variété cherimolier.
  • Sucreries :
    les Indiens en sont gourmands, mais laissent le plus souvent aux professionnels le soin de les préparer ; beaucoup sont à base de noix de coco.
  • Tandoor :
    four spécial rond en argile, enfoui dans le sol, utilisé pour les cuissons dans le nord de l'Inde.
  • Tava :
    poèle en fonte à petit bord pour cuire certaines galettes.
  • Thali :
    plateau rond en métal sur lequel on pose tous les mets destinés au repas d'une personne.
  • Tika :
    marque rouge que les Indiens portent sur le front.
  • Tisryo :
    très petit coquillage, pas plus grand que l'ongle, cher aux Goanais qui le font cuire dans du lait de coco avec du jus de citron vert, et servent dans un bol parsemé de coriandre fraîche.

 

Les principales plantes aromatiques ou épices couramment utilisées en Inde 

Assa Foetida (Hing)
C'est la résine d'une ombellifère de montagne aux vertus digestives antispasmodiques, que l'on associe aux ragoûts de légumes, surtout aux dals, voire à certains chutneys.

Cardamome (IIaychi)
Il en existe plusieurs variétés, une grosse noire et une petite verte, l'une sucrée, l'autre amère, elles sont souvent mêlées dans le garam massala. Les gousses réduites en poudre de la variété verte sont à choisir pour le biryani et les polaos. Ses propriétés sont multiples et elle est considérée comme bonne contre la mauvaise haleine, les nausées, les maux de tête, la fièvre, le rhume, la toux, les maladies des yeux et les hémorroïdes.

Coriandre (Dhania)
Cette ombellifère est reconnaissable à l'odeur fétide que dégagent ses feuilles fraîches lorsqu'on les froisse sous les doigts, odeur disparaissant à la cuisson. En Inde du sud elle est utilisée avec autant d'abondance que chez nous le persil. Ses graines (grains de coriandre) entrent dans la composition du curry ; graines et herbe fraîche dans certains chutneys. Elle est reconnue efficace contre l'insomnie et la constipation.

Cumin (Zeera et Shah Zeera)
Il s'agit des grains de deux ombellifères différentes, le Zeera à graine gris-jaunâtre et le Shah Zeera à graine brun-noirâtre. Toutes deux sont utilisées selon les plats, parfois associées, la première étant plus amère, la seconde plus parfumée. On les retrouve dans le garam massala destiné aux légumes, les polaos, certains chutneys.

Curcuma (Haldi ou Turmeric)
C'est la poudre obtenue par la réduction en poudre d'un rhizome d'abord cuit à l'eau puis séché. Cette poudre (souvent vendue en France sous le nom de "safran Bourbon") possède un énorme pouvoir colorant jaune, la faisant également utiliser en peinture et en teinture. Ce pouvoir colorant est très largement exploité dans l'art culinaire indien, mais il faut noter qu'il est rarement associé aux bhujiya ou préparations de légumes sans sauce à cuisson rapide, car il a besoin de cuire avec un liquide et assez longuement pour perdre son âcreté. Le curcuma est recommandé pour la préparation de pommades contre les maladies de la peau, et par extension est utilisé dans les produits de beauté.

Eau de rose
Il s'agit d'une sorte d'essence diluée, extraite à la vapeur. Elle est essentielle dans certains plats, se mesurant à la cuillère à café. Elle parfume souvent le lassi.

Fenugrec (Ethi)
Les Indiens raffolent des feuilles de cette plante ressemblant à des feuilles de trèfle et les consomment en légume. Les graines, d'un jaune tirant sur le brun, entrent dans la composition de certains curries.

Gingembre (Addu ou Adrak)
Ce rhizome se vend "en doigts", le "trois-doigts" étant la meilleure qualité. Frais, il se conserve plusieurs semaines à l'abri de l'humidité, épluché et râpé.

En poudre, il fait partie des composants de curries. Il est considéré comme efficace contre les ballonnements, le mal au foie, l'anémie et les rhumatismes.

Girofle (Laung)
"Cloves" en anglais "clous" en français, ce sont les boutons floraux séchés du giroflier. Ils sont une des bases du garam massala et sont utilisés dans les curries. Ils sont prescrits entiers en cas de fièvre, contre le mal de foie, la dyspepsie et les désordres intestinaux et rénaux, également contre les maladies du cerveau et comme stimulant cardiaque.

Kari
A ne pas confondre avec le mélange d'épices du même nom. En effet, si Kari est l'appellation indienne du curry, ce mot désigne encore la feuille séchée d'un margousier dit "lilas des Indes", le mïn. Elle s'ajoute aux préparations et se retire pour la dégustation comme notre feuille de laurier dont elle rappelle d'ailleurs la saveur.

A noter les multiples-usages de cette plante : les feuilles fraîches écrasées servent de dentifrice - les tiges des feuilles de cure-dents - les fleurs et les feuilles fraîches frites se servent parfois avec le riz.

Mangue séchée (Am Choor)
La mangue verte est coupée en lamelles, lesquelles sont mises à sécher au soleil et sont pulvérisées. Cette poudre peut remplacer le tamarin.

Moutarde
Ce sont les graines de la moutarde noire qui entrent dans la composition de nombreux curries ou chutneys. On les fait d'abord éclater en les mettant à la poêle, dans de la matière grasse, en couvrant car elles sautent ; ensuite seulement, on les mêle aux autres épices.

Oignon, graines de Kalongi.
Les petites graines noires des oignons que l'on laisse monter sont souvent utilisées comme aromate.

Piments (Lalmirchi ou Mirchi)
Il s'agit des petits piments forts, verts ou rouges, fort utilisés frais ou séchés et en poudre, pour les curries et les chutneys. Frais hachés, ils entrent dans les curries verts. Ils figurent parmi les remèdes contre les troubles digestifs et la paralysie.

Poivre (Pilpali)
Noir principalement, dans la cuisine indienne, il est donné comme remède aux troubles disgestifs.

Rattan-Jog
Ecorce séchée d'une sorte de roseau, servant au Pendjab à colorer les plats de viandes ou de légumes en rouge sombre.

Safran (Kesar)
Les Indiens savent utiliser le safran-filaments, c'est-à-dire les stigmates de la fleur non réduits en poudre ; ils les écrasent puis les font infuser pendant 10 min dans un liquide chaud, eau ou lait, avant de les mêler à la préparation voulue en obtenant ainsi tout le subtil parfum (4 à 6 cuillerées de liquide pour une grosse pincée de stigmates). Il faut environ 100 000 fleurs pour obtenir 1 kg de stigmates.

Très utilisé dans les biryani, les polaos ou les entremets et biscuits.

Sel noir (Kala-Namak)
Sel gemme au goût très spécial, renfermant des traces de soufre, employé pour divers amuse-gueule ou salades, et dans certains chutneys.

Tamarin (Tintilli ou Tentul)
On fait sécher les fruits mûrs (gousses). Pour utiliser on fait tremper un morceau gros comme une noix dans 20 cl d'eau bouillante pour le faire ramollir.

Le tamarin est utilisé pour relever les dals, les salades, certains légumes à l'aigre-doux. On en fait aussi un chatni spécial. Sa saveur est légèrement acide.

 

L'usage des épices

L'usage des épices étant en Inde une véritable science, des règles - presque des lois - président à leur utilisation, de façon innée :

  • certaines épices fortes comme le curcuma, la coriandre, le cumin, le poivre, ne figurent jamais dans les desserts, même dans les sucreries épicées ; en revanche, certaines épices souvent utilisées pour les desserts comme la cannelle, la cardamome, le safran, figurent fréquemment dans les mets salés.
  • de nombreuses épices demandent à être grillées avant leur utilisation, sur feu doux.
  • pour la préparation de nombreux plats, on ajoute les ingrédients au mélange d'épices ; pour d'autres comme les dals ou autres préparations de légumes, on n'introduit les épices qu'en fin de cuisson, cela semble simple, mais c'est une question délicate à maîtriser.
Les différentes façons d'employer les épices concernent surtout la cuisine du nord et la cuisine du sud :
  • dans le nord, les sauces étant peu abondantes, voire absentes, il est courant pour pallier l'âpreté de certaines épices, de les faire d'abord cuire dans du ghi, avant d'introduire les aliments à cuire.
  • dans le sud au contraire, le riz, base essentielle de l'alimentation, réclame des sauces plus ou moins liquides, et l'on préfère les pâtes ou massalas humides, se mêlant mieux aux préparations.
  • On dit qu'à la dégustation, si les épices sont granuleuses ou râclent la gorge, c'est que leur cuisson n'a pas été assez bien menée ou n'a pas été assez longue.
  • Lorsqu'un plat demande des épices sèches conjointement aux épices fraîches, il est sage de na pas tout mettre ensemble, les épices sèches d'abord, ensuite les piments frais s'il y en a, enfin les herbes comme touche finale.

Le secret et la réussite d'un plat réside en fait non pas dans la composition, laquelle peut dépendre d'une région, d'une habitude, d'un choix, mais dans "l'absorption" des épices. A la dégustation, la saveur doit être sans âcreté bien sûr, mais également sans dominante agressive d'une épice sur l'autre.


Sanjeev Kapoor, star des fourneaux


D'après The Times of India (New Delhi) et The Hindu (Madras)

Il a été le premier chef indien à sortir de sa cuisine. Son visage s'étale sur les écrans de télévision tous les après-midi pour encourager les ménagères blasées à essayer de nouvelles recettes excitantes qui vont à coup sûr pimenter leur vie. Il est aussi le premier à avoir créé son propre site Internet (www.sanjeevkapoor.com).
Depuis que Sanjeev Kapoor est devenu une célébrité à Bombay, le métier de chef n'est plus le même dans cette ville qui adore sa cuisine. Plats métissés, mets exotiques, recettes faciles : tout le monde veut cuisiner comme Kapoor et manger "différent". Quant aux gourmets (et il y en a au moins un dans chaque foyer de Bombay), ils ne jurent plus que par les recettes de son émission culinaire Khana Khazana, programmée depuis six ans sur Zee TV.
Pour mieux faire comprendre toutes les subtilités de la gastronomie indienne, Kapoor vient de s'atteler à la rédaction d'une encyclopédie culinaire. Son rêve ? Que la cuisine de son pays soit la plus célèbre du monde. Les Chinois, les Thaïlandais et les Italiens n'ont qu'à bien se tenir !
Les boulettes d'épinards à la mode de Kapoor
Ingrédients Pour les boulettes : 600 g d'épinards, 3 piments verts, 6 gousses d'ail, 125 g de fromage frais (type cottage cheese ou brousse), 3 cuillères à soupe de Maïzena, sel. Pour la sauce tomate : 50 g de beurre, 4 graines de cardamome verte, 6 clous de girofle, 1 feuille de laurier, 1 cuillère à soupe de gingembre pilé, 1 cuillère à soupe d'ail pilé, 1 boîte de purée de tomates, 1 cuillère à soupe de piment en poudre, 1/2 cuillère à soupe de garam massala en poudre, 3 cuillères à soupe de sucre ou de miel, 1/2 cuillère à soupe de feuilles de fenugrec séchées, 1 petit pot de crème, 2 cuillères à soupe de coriandre fraîche hachée, sel.
Préparation Laver les épinards. Les faire blanchir dans de l'eau bouillante. Les égoutter et les hacher finement, ainsi que les piments verts et l'ail. Mélanger aux épinards la moitié du piment haché, l'ail haché et la Maïzena, un peu de sel, puis diviser en douze parts égales. Emietter le fromage, ajouter un peu de sel, bien malaxer et diviser en douze boulettes. Prendre une part d'épinards, l'aplatir dans la paume et y placer une boulette de fromage. Rouler pour former une boule. Faire frire les boulettes à feu moyen pendant cinq minutes. Egoutter et réserver. Faire fondre du beurre dans une poêle, ajouter la cardamome, les clous de girofle et le laurier. Dès que les épices grésillent, ajouter le gingembre et l'ail pilés et le reste du piment haché. Laisser cuire deux minutes. Ajouter la purée de tomates, le piment en poudre, le garam massala en poudre, un peu de sel et 1/4 de litre d'eau. Porter à ébullition, baisser le feu et laisser mijoter dix minutes. Ajouter le sucre ou le miel et le fenugrec, puis la crème fraîche. Verser la sauce tomate dans le plat de service. Disposer dessus les boulettes coupées en deux.

Courrier International
31/08/2000, Numero 513

 

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(c) PONDICHERY.COM 2004 - Textes / infos : François Schotte