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13
mai 2004
Victoire
surprise de l'opposition aux législatives indiennes

Le nouveau
premier ministre :
Manmohan Singh

Majorité absolue pour le Parti du
Congrès, dirigé par Sonia Gandhi, et ses alliés • Les
paysans, laissés pour compte du boom économique, ont sanctionné
les nationalistes hindous au pouvoir depuis 1999 •
Contre toute attente, l'opposition en Inde regroupée derrière le
Parti du Congrès de Mme Sonia Gandhi a remporté les élections législatives
et a annoncé jeudi son intention de former la prochaine coalition
gouvernementale.
La droite nationaliste hindoue, dirigée par le Premier ministre
Atal Behari Vajpayee, a subi une défaite qu'aucun institut de
sondage n'avait prédit avant l'ouverture du scrutin marathon qui
s'est déroulé du 20 avril au 10 mai.
L'Inde, qui compte plus d'un milliard d'habitants, est la plus
grande démocratie du monde. Sa croissance économique tourne
actuellement autour de 8%.
M. Vajpayee (79 ans), au pouvoir depuis cinq ans à la tête d'une
coalition, a présenté sa démission au président Abdul Kalam
qui lui a demandé de rester à son poste "jusqu'à ce qu'une
alternative soit trouvée".
Mme Gandhi (57 ans), veuve de l'ancien Premier ministre Rajiv
Gandhi assassiné en 1991, a "remercié les électeurs"
et a promis qu'un gouvernement "fort, stable et laïque"
serait formé "au plus tôt".

Elle s'est cependant gardée d'indiquer immédiatement si elle
briguerait elle-même le poste de Premier ministre.
Pendant la campagne électorale, les nationalistes du Bharatiya
Janata Party (BJP) n'ont eu de cesse de dénoncer ses origines
italiennes, affirmant que cette situation l'empêchait de devenir
chef du gouvernement de l'Inde.
La chambre basse du parlement de New Delhi compte 545 députés.
Aux élections législatives de 1999, le BJP et ses alliés
avaient conquis 302 sièges, le Congrès et ses alliés 129.
M. Vajpayee avait convoqué ces nouvelles élections cinq mois
avant la date prévue pour profiter d'une conjoncture économique
favorable et d'un climat de détente exceptionnel avec le
Pakistan.
| BJP
et ses alliés (NDA) |
186 |
|
| Bhartiya
Janata Party |
139 |
|
| Shiv
Sena |
12 |
|
| AIADMK |
0 |
|
| Janata
Dal (U) |
8 |
|
| Bijju
Janata Dal |
11 |
|
| Telagu
Desam Party |
5 |
|
| Trinamul
Congress |
2 |
|
| Akali
Dal |
7 |
|
|
|
| Congress
et ses alliés |
216 |
|
| Indian
National Congress |
144 |
|
| National
Congress Party |
9 |
|
| Rashtriya
Janata Dal |
20 |
|
| LJP |
3 |
|
| DMK |
16 |
|
| TRS |
5 |
|
| MDMK |
4 |
|
| PMK |
6 |
|
Encouragés
par une victoire inattendue à des élections régionales en
décembre dernier, les nationalistes hindous avaient lancé, avant
même que le parlement ne soit dissous en février, une vaste
campagne de communication sur le thème de "l'Inde qui
brille".
Cette campagne, qui visait à souligner les bons résultats du
gouvernement Vajpayee dont ont surtout bénéficié les classes
moyennes des grandes villes, semble avoir fait long feu dans les
campagnes où vivent plus de 60% du milliard d'Indiens.
"La politique économique du BJP, qui a abouti à
l'accomplissement de nombreuses choses promises, a cependant
aliéné un vaste segment de l'électorat, bien trop pauvre et
marginalisé pour en profiter", a estimé l'analyste
politique Pran Chopra.
(www.soniagandhionline.com)

|
Ce
qui ont été élus
|
Rahul
Gandhi (Cong)
P Chidambaram (Cong)
Preneet Kaur (Cong)
Kuldeep Bishnoi (Cong)
Kashiram Rana (BJP)
Kapil Sibal (Cong)
Jyotiraditya Scindia (Cong)
L K Advani (BJP)
Mamta Banerjee (TNC)
Govinda (INC)
Vinod Khanna (BJP)
|
Yerrannaidu
Kinjarapu (TDP)
Somnath Chaterjee (CPM)
Mayawati (BSP)
Mani Shankar Aiyar (Cong)
Sukhbir Singh Badal (SAD)
Ajit Jogi (Cong)
Kalyan Singh (BJP)
Navjot Sidhu (BJP)
Sonia Gandhi (Cong)
Maneka Gandhi (BJP)
Dharmendra (BJP)
|
Ram
Vilas Paswan (LJNSP)
Sunil Dutt (Cong)
Kamal Nath (Cong)
Sharad Pawar (NCP)
Jayaprada (SP)
Mohan Rawle (SS)
Rahul Gandhi (Cong)
Mulayam Singh Yadav (SP)
Laloo Yadav (RJD)
Atal Bihari Vajpayee (BJP)
|
|

Plus
de 250 millions d'Indiens vivent sous le seuil de pauvreté. De
nombreuses zones rurales restent encore privées d'électricité
et d'eau potable.
La popularité de M. Vajpayee, artisan du processus de dialogue
engagé en janvier avec le Pakistan, n'a pas suffi aux
nationalistes qui avaient également cherché à gommer une image
parfois extrémiste liée à l'hindouisme militant.
Des violences antimusulmanes en 2002 au Gujarat (ouest de l'Inde)
ont entaché le mandat des nationalistes.
La Bourse de Bombay, qui avait chuté de plus de 4% à l'ouverture
des transactions, était en hausse de 0,77% jeudi en fin de
journée.
Le Pakistan, voisin et rival de l'Inde, a très vite réagi à
l'annonce des résultats. "Nous espérons que le changement
de gouvernement en Inde n'affectera pas le processus de
paix", a déclaré à l'AFP le ministre pakistanais de
l'Information, Sheikh Rashid.
De son côté, Mme Gandhi a rappelé que "depuis le début,
nous avons soutenu l'initiative du Premier ministre Vajpayee à
l'égard du Pakistan". Elle a ajouté que le nouveau
gouvernement indien poursuivrait le dialogue avec Islamabad.
mardi
18 mai 2004
Sonia Gandhi
renonce à devenir Premier ministre de l'Inde
NEW DELHI - Sonia Gandhi, dont le Parti du Congrès a remporté
les élections législatives indiennes, a confirmé mardi les
larmes aux yeux son refus de d'être nommée Premier ministre,
afin de couper court à la polémique suscitée dans les milieux
nationalistes hindous par ses origines étrangères.
"Je dois humblement refuser cette fonction", a-t-elle
lors d'une réunion de députés de sa formation, le Parti du
Congrès. "Je vous demande d'accepter ma décision et de bien
comprendre qu'elle est irrévocable. C'est ma voix intérieure. Ma
conscience", a dit Gandhi, 57 ans, d'origine italienne mais
de nationalité indienne depuis des années.
Sonia Gandhi — née Sonia Maino
— est la présidente du Parti du Congrès de l'Inde. Elle naît
citoyenne italienne, le 9
décembre 1946,
à Orbassano,
près de Turin,
et rencontre Rajiv
Gandhi, qui deviendra plus tard Premier
ministre de l'Inde, alors qu'il fait ses études à
l'université de Cambridge
en Angleterre.
Ils se marient en 1968
et Sonia s'installe dans le pays de son époux.
Elle accède à la citoyenneté
indienne en 1983
et ce long intervalle entre son mariage et cette nouvelle
nationalité reste sujet à controverse. Elle ne s'occupe pas de
politique jusqu'à l'assassinat de son mari le 21
mai 1991,
mais à la suite de cet évènement, elle connaît des pressions
de la part du parti
du Congrès pour continuer la tradition dynastique de conduite
du parti par les membres de la famille de Jawaharlal
Nehru et Indira
Gandhi.
En 1998, elle entre formellement en politique, accepte la présidence
du parti affaibli et se déclare candidate au poste de Premier
ministre. Profitant de la renommée de son patronyme, elle
rassemble de larges audiences et revitalise le parti de ses seules
mains. Elle reste cependant un personnage énigmatique et
l'opposition — principalement le Bharatiya
Janata Party — rappelle sans cesse le fait qu'elle n'est pas
originaire du pays et qu'elle ne parlait pas couramment le hindî
avant d'entrer en politique, insinuant qu'elle n'a pas d'autres
qualifications en la matière que son nom de famille.
En 2004,
suite aux élections
générales remportées par le Parti du Congrès, elle devait
accéder au poste de Premier
Ministre, mais suite à une caballe du Bharatiya Janata
Party suite à ses origines italiennes et devant la difficulté
de former une coalition stable, elle a décliné le poste. C'est Manmohan
Singh qui l'a obtenu.
Son fils, Rahul,
et sa fille Priyanka
font également de la politique.
En colère, bouleversés, certains députés du Parti du Congrès
l'ont suppliée malgré tout de revenir sur sa décision. "La
voix intérieure du peuple indien dit que vous devez être Premier
ministre", a ainsi déclaré un député particulièrement ému,
Mani Shankar Aiyer. "S'il vous plaît, restez avec nous, vous
ne pouvez pas trahir le peuple indien", a-t-il estimé.
Selon certains médias, les enfants de Sonia Gandhi, Rahul et
Priyanka, qui se sont investis dans la campagne électorale, ont
encouragé leur mère à renoncer, craignant qu'elle ne devienne
la cible d'extrémistes hindou. Leur père, Rajiv, a été
assassiné, ainsi que leur grand-mère Indira.
Gandhi n'a pas directement déclaré qui elle aimerait voir accéder
à la tête du futur gouvernement, mais selon la chaîne de télévision
indienne NDTV, elle aurait mis en avant le nom de l'ancien
ministre Manmohan Singh, artisan des réformes économiques de
l'Inde au début des années 1990. Sonia Gandhi a d'ailleurs
rencontré dans la matinée le chef de l'Etat, Abdul Kalam,
accompagnée de Singh.
L'annonce de son retrait, et la perspective d'une arrivée aux
affaires de Singh, ont dopé la Bourse de Bombay, qui s'était
effondrée lundi et mais a terminé mardi sur une hausse de plus
de 8%.
"Le marché a bondi dès qu'ont été connues les
nouvelles sur les réticences de Sonia à devenir Premier
ministre. Cela signifie que Manmohan Singh, qui est très réformateur,
deviendra chef du gouvernement", a déclaré Bharat Shah,
directeur de Vikram Kenia Securities.
Gandhi doit normalement revoir Kalam mercredi. Il l'a invitée
en tant que chef du groupe parlementaire du plus puissant parti,
le Parti du Congrès, et devrait accepter les prétentions du
Congrès à diriger de nouveau l'Inde.
Plus de 320 députés, sur un total de 545 au parlement, se
sont engagés à soutenir le gouvernement de coalition que
comptait initialement diriger Sonia Gandhi.
LES PARTISANS DU CONGRES ONT CHERCHE A DISSUADER GANDHI
Les partis de gauche alliés du Parti du Congrès, qui
totalisent une soixantaine de sièges, ont promis un soutien sans
participation au gouvernement.
Alors que la nouvelle d'un renoncement de Sonia Gandhi se
propageait dans le pays, d'importantes foules de partisans du
Congrès se sont rassemblées aux abords de sa résidence, à New
Delhi, pour tenter de la persuader d'accepter de diriger l'Inde.
Un homme est même monté sur le toit d'une voiture, braquant
contre sa tempe une arme à feu et hurlant: "Appelez Sonia
Gandhi! Dites-lui que je me tuerai si elle ne devient pas Premier
ministre!". L'homme a pu être désarmé par la suite.
Les dirigeants du Congrès, certains se frappant la poitrine,
ont exhorté Gandhi à ne pas tenir compte de la campagne
"raciste" menée à son encontre par les nationalistes
hindous, qui ont perdu de façon inattendue les élections législatives
et dû renoncer au pouvoir.
Depuis son humiliante défaite - les sondages le donnaient
gagnant des législatives - le BJP (Parti Bharatiya Janata,
nationalistes hindous) a orchestré une campagne contre Gandhi en
mettant en avant ses origines italiennes.
Ainsi le ministre sortant de la Santé Sushma Swaraj (BJP)
a-t-il dit à la presse après avoir rencontré le chef de l'Etat
pour protester contre une nomination de Gandhi, qu'il était prêt
à démissionner de son poste de député au cas où elle
viendrait à conduire le pays.
Devant la résidence de Gandhi, des partisans du Congrès, en
colère, ont brûlé un portrait de Swaraj.
Sonia Gandhi aurait pu devenir la première personne d'origine
étrangère à diriger l'Inde et aurait été le quatrième membre
de la famille Nehru-Gandhi à diriger un gouvernement après son défunt
mari, Rajiv Gandhi, sa belle-mère, Indira Gandhi, et le père de
cette dernière, Jawaharlal Nehru.

Mercredi 19 avril 2004
Sonia Gandhi a fait son choix : le nouveau premier ministre
sera Manmohan Singh

NEW
DELHI (AP) -- Le Parti du Congrès, vainqueur des élections législatives
en Inde, a désigné mercredi Manhoman Singh, 71 ans, père des réformes
économiques, pour diriger le nouveau gouvernement, après le
renoncement de Sonia Gandhi à la fonction de Premier ministre.
Jairam Ramesh, haut responsable du Congrès, a confirmé à l'Associated
Press que M. Singh était le candidat officiel du parti. Son nom
devait être soumis pour approbation aux alliés politiques de la
formation de gauche.
Les marchés financiers indiens, qui avaient chuté en début de
semaine, a ouvert en hausse mercredi, les investisseurs semblant
apprécier la désignation de M. Singh. La perspective d'une
coalition instable dirigée par Mme Gandhi et bénéficiant de
l'appui des communistes avait créé lundi un mouvement de panique
à la bourse de Bombay, la première place financière du pays.
Si Manhoman Singh reçoit l'aval des alliés du Parti du Congrès,
il devra encore obtenir le feu vert présidentiel pour former le
nouveau gouvernement. Il deviendrait alors le premier Sikh à
occuper le poste de Premier ministre de l'Inde.
La veille, la dirigeante du Parti du Congrès avait sonné ses
partisans et réjoui ses adversaires nationalistes hindous en
annonçant qu'elle ne briguerait pas la tête du futur
gouvernement, malgré les suppliques de son parti, qui a adopté
dans la journée une résolution lui demandant de revenir sur sa décision.
«Le poste de Premier ministre n'est pas mon objectif», a tranché
la veuve de l'ancien chef du gouvernement Rajiv Gandhi, dont ses
rivaux reprochait l'origine italienne.
sa
biographie (en anglais)
http://www.parliamentofindia.nic.in/rs/kiosk/rsfinal3/whoswho/alpha_m9.htm
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