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Page réalisée grâce au concours de Kalaripayatt.org site que nous vous recommandons tout spécialement.

Pour plus d'informations, vous pouvez contacter son créateur Philippe Colinet à l'adresse suivante: philippe@kalaripayatt.org ou par téléphone: 06.18.94.34.04 ou 01.43.49.52.28

 

Kalaripayatt: "Chemin du champ de bataille"

Kalaripayat

Originaire du sud de l’Inde, le kalaripayatt serait le doyen des arts martiaux. Technique d’autodéfense avant tout, il se pratique avec armes et à mains nues, mais ne va pas sans spiritualité. L’élève de kalaripayatt développe concentration, souplesse, réflexes, puissance et souffle.

 

Kalaripayat Kalaripayat

Les origines du Kalaripayatt

Kalari et Kérala : une naissance commune.

Impossible de savoir avec précision à quand remontent les débuts du kalaripayatt. Nous n’avons guère pour cela que les légendes indiennes. Celle de Parasurama, rapportée surtout dans les chansons du Malabar (Nord Kérala), raconte que ce seigneur fonda ET l’état du Kérala (en jetant sa hache de combat en mer d’Arabie !), ET le kalaripayatt. Ayant acquis la double qualité de sage et de guerrier, Parasurama, premier Gurukal (maître), enseigna alors son art martial à 21 disciples et fit construire 108 kalaris (école) pour qu’ils protègent le nouvel état du sud de l’Inde.

Kalari : ancêtre des arts martiaux.

Depuis la pointe sud-ouest du sous-continent, le kalaripayatt se propage, véhiculé par les moines pèlerins, marchands avec gardes du corps et autres commis voyageurs. Là encore, la légende nous conte qu’un expert en kalaripayatt, moine bouddhiste de la caste des guerriers appelé Bodhidharma remonta du Kérala à la Chine. Suivant sa route jusqu’au monastère de Shaolin, il y introduit la-dîte “boxe de Shaolin” qui donnera le kung-fu.

En effet, les arts martiaux pratiqués en Inde du sud (kalaripayatt, varma kalai, selambam...) et ceux exercés en Chine (kung-fu, tai chi chuan...) montrent de nombreuses similitudes, notamment dans les mouvements enchaînés, les positions d’inspiration animales et les techniques tenues secrètes.

Kalari : apogée, déclin, renaissance (?).

Dans les faits, le kalaripayatt vit son âge d’or en Inde pendant la période féodale (XIII-XVIèmes siècles). Les pratiquants sont alors appelés à se battre (parfois en duels) lors des multiples conflits inter-royaumes au sein du kérala.

Sous l’empire britannique, la science du kalaripayatt manque à disparaître. Les colons en interdisent même la pratique en 1804.

Avec une cinq centaine de kalaris (écoles) recensés au Kérala, aujourd’hui le kalaripayatt survit. Elle reste néanmoins très méconnue en occident où elle commence tout juste à être explorée. Toutes les richesses du kalaripayatt sont à (re)-découvrir...

 

Kalaripayat

Styles

On dit LE kalaripayatt, or il existe différents styles dont deux principaux : le style du nord (du kérala) et le style du sud. Dans le premier, l’accent est mis plutôt sur les armes; dans le second, sur les techniques à mains nues.

le style du nord

- historique.

Le nord de l’état est le véritable berceau du kalaripayatt. ses techniques de combat sont nées directement de l’observation de la nature et des animaux par les hommes de la jungle. Plus tard, la connaissance du Dhanurveda (deuxième livre des Vedas) descend du nord de l’Inde avec les Aryens pour se mêler au savoir indigène local.

- pratique.

Six sous-styles au moins auraient été crées dans cette région (vatten thiratpu, arrapukki, pillathangi, dronanbalny, otamurassery, wallavhatta). L’arrapukki est entre tous le système d’autodéfense le mieux préservé. D’autres ont aujourd’hui complètement disparu.

Dans tous, l’apprentissage est progressif. Avant même que d’aborder une arme, le pratiquant doit se plier à une longue préparation corporelle (assez rare en art martial !). L’enseignement se décompose en quatre grandes étapes :

1- Meithary.

C’est la partie travail corporel. Deux composantes essentielles :

- les exercices préparatoires : lancers de jambes, torsions...  

Oiseau.jpg (72241 octets)

- le Meipayattu : équivalent du tao dans le kung-fu.

Là, les mouvements s’enchaînent de manière très fluide. Les quelques douze leçons du meipayattu sont une succession de bonds, extensions, exercices de souplesse, travail d’équilibre et positions d’inspiration animales. Élégant et puissant, c’est la base du kalaripayatt.

Meipjump

2 - Kole Thari.

Il correspond au maniement des armes en bois :

- bâton long (ou pathiruchan)

- bâton court (ou muchan)

- bâton incurvé (ou otta)  

Otta.jpg (63783 octets)

3 - Angathari.

C’est l’enseignement des armes tranchantes métalliques : couteau, dague, épée, lance, urumi.

4 - Verum Kall.

Il s’agit des techniques à mains nues : clés, étranglements, projections, attaques des points vitaux. Dans le style du nord, ces procédés viennent en dernier et seulement pour les élèves accomplis, car, très dangereuses, les attaques visant les points vitaux sont gardées longtemps secrètes.

 

le style du sud

- historique.

Kanyakumary District. A la pointe sud du sous-continent, dans une région plantée de forêts, sont nées deux formes martiales appelées selambam et adi thada (ou adi mura). En Inde, Shiva est réputé premier enseignant de tous les arts (au total 64). Avec son fils Subramanya, il transmet ces deux-là à Augustia Muni. L’ascète hindou deviendra ainsi le fondateur des arts martiaux du sud du pays. Il développera le varma kalai, littéralement “attaque des points vitaux”.

- pratique.

Le nouvel élève commence l’apprentissage du style du sud par des exercices de blocages, d’esquives et de frappes : à mains ouvertes, coups de poings, de pieds... L’enseignement se décompose en trois grandes étapes :

1- enchaînements à mains nues.

- individuels : ces séries de défenses et attaques s’effectuent sur une croix imaginaire tracée au sol, les pas du pratiquant évoluant vers les quatre directions cardinales. On en compte deux différentes sortes : otta chuvadu et koota chuvadu. Dans la première, les enchaînements sont plus courts et le talon gauche reste fixé en terre au centre de la croix. Dans la seconde, les déplacements sont effectués sur les lignes de cette croix virtuelle.

- en duel : les kal pore sont au nombre de 15. Ici, l’adversaire peut être amené à changer de rôle au fur et à mesure de l’enchaînement. Défenseur, il bloque, esquive ou contre-attaque. Attaquant, il porte les coups du pied, du poing, du coude, du genou, à main ouverte...  

2- pratiques armées (cf chapitre “armes”)

3 - points vitaux.

 

Les armes

style du nord.

La position fléchie est une particularité du style du nord. Proche du sol, le pratiquant protège mieux ses principaux points vitaux situés sur l’avant du corps. De plus, la position enmarna, colonne droite et genoux fléchis, développe les hanches et les cuisses, mais surtout, active le centre énergétique au niveau du nombril (nabhi mula).

- bâton long ou panthiruchan

Avant d’aborder le combat libre ou improvisé, l’élève doit maîtriser plusieurs séries de combats codés en duel.  

Wadi la photo, combat au long baton (PANTHIRUCHAN) va ds.jpg (70082 octets)

- bâton court ou munchan

Le munchan se pratique également à deux de manière codée, à ceci près que les attaques se font beaucoup plus courtes et rapides. Ce rythme soutenu prépare aux techniques à mains nues.

- bâton incurvé ou otta

Esthétique, martiale, fluide,  l’otta est considérée par beaucoup de maîtres comme une technique modèle. Elle engage également de bonnes qualités physiques et psychologiques. Avec elle survient la forme “interne” ou énergétique de l’art martial, pourvu que la position soit juste, le souffle placé et l’esprit concentré.

- dague.

Cette arme millénaire était déjà employée à la période védique. Là encore, les combats sont codés et en duel. A ce stade de l’enseignement, l’équilibre, la concentration et la fixité du regard doivent être parfaits.

- couteau.

Là, pas d’enchaînement, car il s’agit de simultanément bloquer / frapper, bloquer / désarmer ou esquiver / désarmer son adversaire.

- épée et bouclier.

Arme fétiche des nayars (caste des guerriers kéralais) à la période féodale, l’épée reste aujourd’hui une arme reine. Parmi de nombreux styles, le puliyankam (ou “style du léopard”) est le plus élaboré. Une pratique très féline et rapide où l’attaquant, caché derrière son bouclier, se tient prêt à bondir.

- urumi et bouclier.

L’épée à lame flexible est de loin la plus dangereuse mais aussi la plus spectaculaire des armes de kalaripayatt. Enroulée autour de la taille, elle peut être déployée en une fraction d’instant. Le débutant s’entraîne d’abord à la faire tournoyer seul avant de passer aux duels avec bouclier.

style du sud.

Ce style a surtout élaboré les techniques à mains nues, s’inspirant souvent du nord dans ses pratiques d’armes en fer (c’est le cas pour l’épée). L’une de ses singularités : des combats enchaînés (vela) au munchan et au couteau.

- muchan.

Plus court que le munchan du nord (40 contre 50 cm environ), ce petit bâton s’utilise la plupart du temps à la façon d’une matraque. La première partie de l’enseignement permet d’apprendre à désarmer l’autre, autant qu’à se protéger et attaquer certaines parties précises du corps (oreilles, visage, ventre et flancs). Viennent ensuite les 10 combats enchaînés. Outre le munchan, les deux adversaires y utilisent les pieds et les poings. Quand les extrémités du munchan visent les points vitaux, il est une arme redoutable.

Munchan le combat(position flechie) au petit baton est le.jpg (66285 octets) 

- bâton long.

L’apprentissage comprend trois étapes : d’abord un travail d’attaques et de blocages à deux. Puis, individuellement, l’élève s’entraîne aux manipulations, rotations et changements de main (avec un ou deux bâtons). Retour aux exercices en binôme pour les combats enchaînés.

- couteau.

C’est une arme où les maîtres se sont beaucoup investi, créant leurs techniques propres inconnues dans le style du nord. Ils y ont notamment ajouté des déplacements et enchaînements qui incluent coups de pieds et poings. Comme au munchan, le défenseur à mains nues est confronté à l’attaquant armé. Une pratique qui réclame une attention aiguisée et beacoup de confiance en soi.  

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- épée et bouclier.

Le style a été fortement influencé par celui du nord. Variante : la forme de l’arme est néanmoins plus incurvée. Les premières leçons à l’épée (pratiquées sans bouclier) rappelent certaines techniques d’escrime. 

Epee l`attaque a la tete, epee sans bouclier, style du.jpg (127672 octets)

L’initiation se fait parfois au bâton. Puis l’apprentissage devient de plus en plus élaboré ajoutant contre-attaques, sauts, etc...  

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- urumi et bouclier.

Contrairement à son cousin du nord, l’urumi du sud est équipé d’une poignée pivotante et peut présenter plusieurs lames (deux ou trois). L’élève s’entraîne d’abord individuellement à des rotations rapides qui empêchent l’adversaire d’approcher. Deuxième étape : les combats enchaînés à deux. Là, le bouclier intervient pour parer les attaques.

Oursud le combat a L`URUMI (epees flexibles) et boucliers.jpg (90084 octets)

 

Le parcours de Philippe Colinet

Mon initiation au kalaripayatt remonte à avril 1995 à l’OPN Kalari Sanghom, près de Cochin-Ernakulan au Kérala. Par périodes de 6 mois, j’ai étudié en tout 3 ans un mélange des styles nord et sud auprès du maître Ovoor.

L’enseignement reçu dans cette première école est le suivant :

- le meipayattu

- les techniques à mains nues, clés, étranglements, projections et attaques des points vitaux.

- les maniements et combats au long bâton.

- les techniques de parapluie.

- les techniques au couteau.

- les combats à l’épée et au bouclier.

- l’urumi.

- l’enseignement des marmas.

- l’apprentissage des massages locaux et du massage complet avec les mains.

En 2001 et 2002, je me consacre à l’enseignement du kalaripayatt à la maison du yoga à Paris. Suite à quoi, je repars au Kérala pour étudier et connaître l’ensemble des techniques du style du sud au CSK Kalari près de Kottayam.  

Le gurukal Georges-Joseph m’y propose une formation spéciale et accélérée.

Sur une période de quatorze mois il m’a transmis :

- les enchaînements individuels, otta tchuvadu et kutta tchuvadu.

- les combats à mains nues appelés vela ( vela signifie enchaînement).

- les velas au munchan.

- les velas au long bâton.

- les velas au couteau.

- l’épée et le bouclier.

Enfin pendant un an j’étudie le style du nord (arrappukki) à l’EPV and Ayurveda Clinic (CVN kalari) toujours dans le Kottayam District.

Le maitre E.P Vasudevagurukkal m’a enseigné :

- le meipayattu.

- le bâton long ou panthiruchan.

- le bâton court ou munchan.

- le bâton incurvé ou otta (une partie de l’enseignement).

- le massage traditionnel uzhuchil.

 

 

   massage -santé

massage kalari (ou Uzhichil).

Le  massage kalari (ou Uzhichil) nous vient du nord du Kérala (ex-Malabar). Il s’agit d’un massage complet aux huiles qui est donné soit avec les mains, soit avec les pieds. Traditionnellement, les élèves de kalaripayatt reçoivent “un massage flexibilité” de 7 jours pendant la mousson avant d’entamer la saison d’entraînement.

Le massage d’une heure environ régénère le système nerveux et musculaire. Les pressions sont dosées en fonction de la structure corporelle de chacun. La circulation lymphatique, sanguine et énergétique est stimulée par un travail sur les veines, les nadis (canaux d’énergie subtile) et les marmas (points vitaux).  

Si le massage avec les mains s’adresse à tous, il est particulièrement bénéfique aux personnes ayant peu d’activité physique ou une petite structure corporelle. Le massage avec les pieds s’adresse lui, plutôt aux sportifs ou personnes en surpoids.

massage du sud.

Parallèlement au massage Uzhichil, la tradition du kalaripayatt a élaboré une forme de massage plus énergétique et plus tonique.

médecine kalari.

Le kalari (arène) se partage en deux espaces. L’un dédié à la pratique de l’art martial; l’autre, à la médecine. Traditionnellement, le gurukal se devait de savoir guérir ses combattants. Les soins dispensés dans les kalaris sont nés d’une médecine indigène locale qui s’est développée parallèlement à l’ayurvéda, au point qu’elles en viennent aujourd’hui à se confondre. Néanmoins, la pure médecine kalari s’appuie sur la connaissance des 107 marmas (points vitaux), lesquels sont massés en cas de blessure. Il s’agit d’un système de santé externe qui aide l’organisme à se régénérer de lui-même. Actuellement, les maîtres de kalari ont pour patients élèves et villageois. Certains cultivent encore leur jardin médicinal à partir duquel ils préparent leurs propres huiles et potions.

-vous pouvez recevoir l’un de ces trois massages :

-A la maison du yoga, 68 rue de la Folie-Méricourt, Paris 11ème.

Tél : 01.48.06.01.23 

-74, rue de Cléry, Paris 2ème.

Tél : 0140267841

- ou à domicile : philippe@kalari.org

Tarifs :

- à domicile : 75 euros

- dans les deux centres proposés : 60 euros

(50 euros pour les pratiquants de kalaripayatt)

Quelques photos

 

Kalaripayat Mayapatt

  


Kalaripayat Tcherva Wadi

Techniques à mains nues

 

Kalaripayat Mains nues

Kalaripayat Wadya Wadi

  

Kalaripayat Tchourika

Kalaripayat Tchourika

  

Kalaripayat Epée

Kalaripayat Epée

  

Kalaripayat Couteau

  

Kalaripayat Ouroumi

  

Kalaripayat Methary

         

Kalaripayat Sabre Bouclier


Quelques armes du kalarippayat

 

     L'épée fouet en acier souple                  Le couteau à 3 lames

Kalaripayat Epée fouet                     Kalaripayat Couteau à trois lames  

Arme de poing faite                                     Poignard de Bundi
de 2 cornes de cerf

Kalaripayat Cornes de cerf                       Kalaripayat poignard de bundi

 

 

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(c) PONDICHERY.COM 2004  - Textes/infos: Philippe Colinet

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