Sommaire  
> Extraits

Accueil
Actualités
Anoushka
A Paris
Associat.
Ayurveda
Bombaysers
Carnet 97
Carnet 99
Carnet 01
Colloque
Cuisine
Devi
Divinités
Economie
Editorial

Géographie
Galerie
Kalaripayat
Langage
Lapierre
Lexique
Liens
Littérature
Mailing-list
Megasia
Météo
Mousson
Musique
OGM
OM
Raghunath
Relations
Religions
Rickshaws
Sadhus
Santé
Sarah_Dars
Susheela

Stages
Vaches

  Spécial 
 découverte
de Pondichery


Accès
Alliance
Aurobindo
Auroville
Banques
Carte post
Cinémas
Education
Histoire
Hôtels
Insolite

Lorient
Photos
Restaurant

Shopping
Trait-Union
Urgences
Web-Booth


 

 


Extraits de différents ouvrages dans lesquels il est fait allusion à Pondichery


Georges Tailleur 
Douglas Taylor
Henri Michaux

Jack Thieuloy
Joël Farges


Georges Tailleur Chandernagor ou le lit de Dupleix - 1979

 

Somme toute les cinq villes de l 'Inde "confettis de l ' Empire" n'avaient d 'autre utilité que de servir de question orale au Certificat d 'Etudes. Pondichery, Karikal, Mahé, Yanaon et Chandernagor, cs noms qui faisaient rêver et qu 'on récitait comme une contine...

© Africa Nostra

Douglas Taylor de Lanka à Pondichery 1931

 

Pondichery, dont jadis Dupleix a fait "la reine de l 'Orient", végète sous le soleil tropical, balayé par la mousson, face à cette mer houleuse du Golf du Bengale, où le Bailli de Suffren a tant de fois défié la flotte anglaise. .../... Dans ses rues droites et poussièreuses à la dure clarté du soleil, dans ses avenues ombragées, également désertes et bordées de hauts murs de pierre grise, le silence m'accable et me déprime. Seul le bruit de mes pas résonne sur les troittoirs usés et m'inspire une vague inquiétude. Par les grilles entr 'ouvertes j'aperçois de vieux jardins envahis par une végétation sauvage et luxuriante qui pousse à l'ombre des grandes arbres aux fleurs jaunes, rouges et mauves. Des maisons basses de structure solide et d 'aspect patricien paraissent derrière le feuillage touffu qui les cache à moitié (...)

Qui peut bien les habiter encore ces maisons ? Derrière ces persiennes toujours closes, dans des Salons Empire, de très vieilles personnes aux façons ancien régime doivent y faire ménage avec des mémoires. .../... Dans le brouhaha général on distingue la voix des marchands, qui, accroupis sur leurs étalages, interpellent les passants (...)

Le tout dégage une odeur inoubliable, composite, entre l'aigre - doux de la sueur humaine, le parfum des cotonnades neuves, l'âcre senteur des cuirs et des huiles et, pénétrant tout, l'odeur de la bouse de vache. .../... Ce soir, 31 décembre, bal de réveillon au Gouvernement. Deux fois par an, à l'occasion de la fête nationale et au Nouvel An tout Pondichery est convié à une "soirée" chez le gouverneur. Ce sont, d'ailleurs, les seuls événements "mondains" dans la colonie. (...)

Installée dans la galerie, la musique municipale martèle des airs de jazz d'il y a huit ans. Alternant avec elle, un orchestre dans la salle, dont l'effort louable rappelle l'armée du salut, et l'habillement, des costumes d'opéra comique, joue des tangos et des blues. (...)

Français, Anglais, Tamouls se coudoient; l'on voit tous les métissages, l'on entend parler toutes les langues. Il y a toute la gamme des teints, depuis le jeune anglais blond et rose jusqu'au vieux Tamoul noir comme de la cire à chaussures. (...) Tout autour de la salle des femmes font tapisserie, et bavardent entre leurs éventails. Des hommes font bande à part au bout de la galerie, et discutent les prix du coton et du caoutchouc, leur prochain congé et leur dernière maîtresse. Dans un coin des "vieux" font un bridge; ou est -ce un whist ?

© N.E. A

Henri Michaux Un barbare en Asie - 1933
 

Les convertis chrétiens ont fait élever un mur de séparation, à la cathédrale de Pondichery, pour séparer les castes. Je suis chrétien, mais de caste brahme!...

© Editions Gallimard

Jack Thieuloy L ' Inde des grands chemins - 1971
 

D'entendre parler français, des flics qui vous répondent en français, bien que petit - nègre, j'en viens à ressembler à un muet qui a recouvré l'usage de la parole. Tout mon être a retrouvé ses êtres. Le tafia n 'est pas folichon, en cette enclave de non prohibition, mais il débonde le larynx. Je gueule du français sur le trottoir, je hurle des "je t 'aime chérie !" aux filles sages qui ont laissé leur rouet pour faire leur promenade vespérale. Je prends plaisir à scandaliser cette puribonde et cléricale population provinciale.

© Editions Robert Laffont

It's Hot In Paradise Joël Farges Cinéaste
 

Je découvre les photographies de Guillaume Zuili et elles m'apprennent que Pondichery n'existe pas. Cette petite ville du bord des côtes de Coromandel n'a pas de réalité. Chacun la rêve. Il m'apparaît, photographie après photographie, qu 'il y a autant de Pondichery que d'aventuriers sensibles qui l'ont traversée. Et d'ailleurs toute la fascination pour cette ville réside en ce que Pondichery est une suite infinie de rêves égrénés depuis presque trois siècles pour les voyageurs qui s'y rendent. Si vous rencontrez l 'un de ces voyageurs qui en revient, parlez avec lui de Pondichery. Ils en parlent tous avec un sentiment d'effusion intense, comme si nous étions les élus d 'un même sortilège, comme si nous avions été initiés aux mêmes rites comme si nous étions victimes du même charme.

Un rêve revient - c'est un cliché - il mélange jasmin et cannelle, rajahs français et byadères lascives, poussière d'une éphémère grandeur française avec le charme d'une sous - préfecture d'opérette exotique. Un parfum vénéneux mêlé aux innocences tropicales. Disons un peu du monde de Baudelaire égaré parmi les naïvetés des toiles de Jouy. Pourtant marcher dans les rues de Pondichery n'est pas un plaisir particulier et ne réserve ni surprises ni aventures singulières qui ne seraient le lot ordinaire de tout périple dans le reste de l'Asie; Pondichery est d'une certaine manière décevante: son architecture est sans style. Goa a édifié des cathédrales impressionnantes, a bâti de pléthoriques chapelles de peur que le paganisme ressurgisse des cendres des bûchers et des supplices atroces de l'inquisition et de la féroce colonisation. Goa s'est inventé un mobilier rococco qui fait la joie de bien des amateurs. A Pondichery, rien: pas vraiment de style, pas vraiment d'inspiration.... Même cette maison où j'ai vécu quelques mois, ne fait que refléter un style d 'inspiration anglo - indienne sans élégance véritable, cherchant vainement à exhiber sa puissance et son opulence...

Alors d'où vient le charme, l'emprise inoubliable? Du velouté presque transparent de ses bougainvilliers mauves de l'air tiède et du jaune ambré de sa lulière? Pondichery vous prend et vous rend à votre pays d'origine, habité d'une nostalgie sans fin... Pourquoi? Je ne sais pas. Je l'ai pourtant parcouru maintes fois les yeux ouverts et chque traversée fut comme autant de perles d'un collier sans que je m 'en explique la raison. Peut - être parce que Pondichery se prononce presque comme Paradis ? Curieux finalement comme son nom même (origine lointaine d 'un lieu - dit en tamoul qui s'est francisé), Pondichery qui avec ses syllabes "chéry" donne à ce lieu une dimension sentimentale, presqu'un peu guimauve, que l'on retrouve dans tous les bagages de ceux qui sont passés par là... car pourquoi y va - t - on?

Pourquoi y réside t -on? A cause de cette harmonie paisible, de sa tranquilité douce, de son air attiédi par l'océan, de cette vacance, de ce temps indolent que l'on ne vous reproche pas? On aime cet endroit sans raison. J'ai vécu quelques mois de ma vie à Pondichery. J'y ai été heureux et bien insouciant, traversé moi aussi de rêveries apaisantes devant l'insondable et mystérieuse Inde... cette Inde où j'ai eu de grands rêves: raconter et filmer de grandes histoires d'amour; L'amour est trèsprésent en Inde. La romance est dans ses films mais son exprssion est absente; pas d'amoureux sur les bancs publics; pas de flirt sur les plages ou à l'ombre des palmiers. Alors, souvent je me suis posé cette question: où est l'amour? Un ouvrage de Mircea Eliade écrit dans les années trente, nous raconte qu 'à Pondichery on trouvait au crépuscule une maisonde bayadères. De magnifiques ballerines venaient y exhiber leur subtil talent. Ce n'était pasunlieu où l'on trouvait à bon prix des épouses de consolation, mais un cercle pur d'amateurs. Le style des danseuses y était très ardent et le désir incandescent pour devenir une fournaise à la tombée du soir. C'était un établissement tout en pénombre et souvent l'indianiste se surprenait à rêver à ces corps ondulants et échappés des sculptures des temples tout proches. J'ai longtemps cherché cet endroit. Cette maison de bois aux persiennes mi-closes étaient tenue par une danseuse du nord, une Rajpute de quelques années l'ainée de ses invitées. On y accédait par un escalier qui jouxtait le palais des Rangapillé. J'ai cherché, j'ai interrogé: personne ne se souvient de ce salon de musique et de danse J'ai cherché comme l'on cherche des fragments d 'un rêve très ancien. ll y avait bien un escalier ajouré en bois. Il y avait bien des volets vermoulus aux persiennes en lambeaux. Etait-ce ici qu 'on abandonnait aux rêves des gestes langoureux et suaves des danseuses, auson cristallin des veenas et aux lamentations vibrantes des sarods? ...

Seules quelques affiches pendaient au murs en ruine: on y voyait une mauvaise effigie de danseuse en vilains dessous féminins européens. C'était une affiche de film: "it's hot in paradise". Je retrouve cette même affiche collée sur une façade de Chandernagor. Curieux hasard.... mais est - ce un hasard ?



 

Si vous avez d'autres textes marquants à nous communiquer, n'hésitez pas.


Retour   (c) PONDICHERY.COM / Stephen Schotte - 1999 - Textes/infos: François Schotte

[an error occurred while processing this directive]