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L'interprète des maladies de Jumping
Lahiri (Prix Pulitzer
2000)

recto
verso
Lorsqu'elle a obtenu le prix
Pulitzer de littérature 2000, Jhumpa Lahiri, trente-trois ans,
est restée sous le choc. C'est quelque chose, aurait-elle dit,
qui aurait dû lui arriver dans vingt-cinq ans, pas pour un
premier livre. Ce qui a surtout épaté les critiques américains,
c'est qu'il s'agit non seulement d'un premier livre, mais d'un
livre de nouvelles et qu'il lui avait été difficile de trouver
un éditeur, la plupart des maisons d'édition préférant -
erreur largement répandue - les romans. Toujours est-il que le
jury du Pulitzer ne s'est pas posé ce genre de questions, et à
juste titre. Il n'est pas fréquent de trouver un auteur, jeune ou
pas, qui s'impose ainsi en quelques textes par son originalité et
son talent. L'originalité provient, en partie, de la double
culture de l'auteur, Indienne de la diaspora, née à Londres en
1967, élevée à Rhode Island et vivant à New York, mais qui est
souvent retournée à Calcutta avec ses parents, quitte à manquer
l'école parfois plusieurs mois d'affilée. Cette flaveur exotique
ne serait rien sans une vraie maîtrise d'écriture - relayée
pour le lecteur français par la traduction de Jean-Pierre Aoustin
- et de construction littéraire ... Pas la moindre trace de
"réalisme magique" dans ces nouvelles fourmillant de détails
bien réels et quotidiens, mais toujours empreints de grâce et de
délicatesse et d'un souci de la gestuelle plus encore que des
faits ou des dialogues. Ce sont celles qui se passent aux
Etats-Unis qui sont les plus frappantes. Celles qui ont l'Inde
pour cadre, et plus particulièrement Calcutta, tiennent plus de
la fable ou de la parabole, à l'exception de la nouvelle qui
donne son titre au recueil, "L'interprète des
maladies", qui se situe justement entre le Nouveau et
l'Ancien Monde.
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