|
Pourquoi devient-on sadhu?

La principale motivation à rejoindre la
confrérie des sadhus est sans doute le désir d'illumination
spirituelle qui est très fort en Inde où vie et religion sont
étroitement mêlées et où la rencontre avec des saint hommes
fait partie de l'éducation.
Cependant, d'autres facteurs interviennent.
L'aspect romantique de l'ascétisme incarné par les chamans
pleins ou les hommes-médecine, peut séduire
les plus aventureux. L'image du sadhu "philosophe saint"
peut représenter pour les jeunes étudiants en philosophie
indienne, la perspective d'une vie vouée à l'étude . Pour les
membres des basses castes en rébellion contre leur condition,
devenir un saint homme est un moyen d'acquérir le respect et une
vie libre. D'autres rentrent en ascétisme pour briser les
chaînes familiales et les obligations liées au mariage. Ces
aventuriers et rebelles quittent leur famille à l'adolescence et
se cherchent un gourou.
La décision d'hommes plus âgés de rejoindre une
secte est dictée par des événements traumatisants comme la mort
d'un parent, la perte de travail ou un accident grave. Ces
événements sont alors considérés comme un signal divin, la
manifestation de Dieu.
Une vieille rumeur persiste comme quoi les sadhus
volent des enfants afin d'en faire des disciples mais aucune
preuve ne vient l' étayer. Cette rumeur est entretenue par les
parents qui l'utilise comme "Croque-mitaine" pour faire obéir
leurs progéniture.
Il arrive que quelques parents donnent leur fils
en contrepartie d'un marché passé avec une divinité afin
d'obtenir une faveur ou bien lorsque l'enfant présente des symptômes
de prédestination à une vie spirituelle.
L'ascétisme est surtout une affaire d'hommes.
Moins de 10% des sadhus sont des femmes et la plupart d'entre
elles sont des veuves. Traditionnellement, la femme veuve occupe
une position extrêmement marginale dans la société Hindoue en
réminiscence de l'ancienne croyance que la femme ne mérite pas
de vivre après la mort de son époux et qu'elle devait s'immoler
sur le bûcher funéraire de ce dernier. Peu de sectes acceptent
les femmes sous prétexte de leur "influence
corruptrice". Quelques sectes sont mixtes mais les sadhus
femmes appelées sadhvis ont des locaux séparés de ceux des
hommes. Quelques sous-sectes sont féminines. Il y a eu de grandes
saintes mais en général, leur position dans la hiérarchie est
inférieure à celle des hommes. Les sadhvis sont respectées mais
la croyance populaire est qu'elles doivent renaître en hommes
avant d'être libérées du cycle des réincarnations.
De nos jours, beaucoup de sadhus possèdent des
objet "de luxe" selon les standards ascétiques, comme
des radios, lecteurs de cassettes et utilisent les commodités
modernes comme l'électricité, le téléphone et les moyens de
transport. Cependant, leur style de vie reste très archaïque,
rejoindre une confrérie de sadhus est un voyage dans le passé.
Cet acte reflète une nostalgie des racines humaines, de la
simplicité, d'une existence harmonieuse mais il peut aussi
constituer une fuite des misères, pressions et complexité de
notre époque.

Initiation et renaissance
Les tribulations de la recherche du bon gourou sont
un thème récurrent du folklore et légendes, il en est de même
de l'acceptation du disciple par le gourou. Si la réalité est assez
proche de la fiction, certains gourous acceptent tous ceux
qui se présentent car plus le nombre d'élèves est grand, plus
le statut , le revenus et les loisirs du Guru sont intéressants.
Devenir disciple (chela) d'un gourou devrait être
se comporter comme son fils respectueux, mais souvent c'est
travailler comme un serviteur obéissant voire un esclave.
Si l'apprenti est jugé apte à une vie
ascétique, il recevra l'instruction préliminaire et sera
initié. L'initiation est différente selon les sectes mais elle
est toujours basée sur le symbolisme de la renaissance. Au moment
de l'initiation, le chela meurt de son ancienne vie
terrestre et renaît dans sa vie divine. On ne parle alors plus de
son ancienne vie et son âge est recalculé à partir de sa
deuxième naissance. Le symbolisme de cette renaissance est le
crâne rasé comme celui d'un bébé. Les Shivaistes se rasent le
crâne entièrement alors que les Vishnuistes conservent une
touffe de cheveux la "Shikka".
Lors de son initiation, le chela reçoit de son
Guru un nouveau nom à consonance religieuse qui reflète sa
personnalité, indique sa filiation sectaire et sa ligne de
précepte.

Le meilleur endroit et moment pour l'initiation
est la Kumbha-Mela. Pour les Nagas, c'est l'unique occasion. Trois
jours avant le bain principal, la tête du novice est rasée mais
la "Shikka" reste. Il enlève ses vieux habits pour
revêtir un nouveau vêtement blanc, choisit un bâton "danda"
d'un arbre spécial et passe les trois jours à réciter des
mantras. Ensuite, avec son groupe d'initiés, il participe à sa
cérémonie funéraire au bord de la rivière sacrée. Il est
maintenant mort, il abandonne son "danda"et le
gourou rase sa "Shikka". Ensuite, ils vont
tous au bain, frottent leurs corps de cendre et regagnent leur
campement où le gourou leur donne leur mantra personnel.
Suite
p 3 -
La fraternité- ; - La voie-
Suite
p 4 -
L'action vraie - ; -Vivre au pied des arbres-
Suite
p 5 -
La fonction sociale d'un Baba- ; - Les idoles vivantes- ; Les
icônes- ; - L'apparence-
Suite
-Quelques sectes Shivaistes-
Suite
- Quelques sectes Vishnuistes
Suite
-glossaire;
quelques idées de lecture-
Galerie
de photos sur les sadhus
|