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La fraternité

Le lien avec le gourou est très important. Il est celui qui apporte la lumière, le guide vers l'Absolu. Dans le schéma idéal qui peut exister, le chela sert et vénère son gourou comme une incarnation du Dieu, il cherche à le contenter par tous les moyens, en contrepartie,  le gourou le nourrit, le guide et est plus qu'un père pour lui. Dans la réalité, beaucoup de chelas dénigrent leur gourou derrière son dos : ils travaillent trop dur, le gourou n'est pas gentil et ne leur enseigne pas les bons mantras et ainsi de suite. De même, certains gourous se plaignent de leurs chelas : ils sont paresseux, désobéissants, stupides, différents des chelas d'antan de ceux qu'ils étaient eux-même. 

Après l'initiation, la confrérie des sadhus remplace l'ancienne famille du chela. Cela se traduit dans le langage, les autres disciples deviennent les Guru-bhai "frères en Guru", le Guru du Guru  est dada-Guru "grand-père Guru" et ainsi de suite. La relation entre les "frères en Guru" est en général affectueuse et aussi importante que celle avec le Guru.

La confrérie apporte continuellement au chela une communauté de croyances "satsang" qui se trouve dans la compagnie de saints hommes. Les aînés veillent sur les progrès spirituels des plus jeunes, encouragent les bons élèves, critiquent et quelques fois punissent les mauvais.

Les relations entre les membres de la communauté obéissent à des règles hiérarchiques. Les Babas en haut de l'échelle sont traités avec la plus grande  déférence et manifeste de la condescendance envers les chelas. L'importance du statut ascétique dépend de l'âge, de la durée de la carrière, du degré d'accomplissement spirituel , de la sévérité de l'austérité pratiquée, des critères de "cotation de la sainteté"  de la secte  et est s'exprimé par les noms et titres .

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Le nom d'un sadhu est en deux parties. La première est le nom reçu  de son gourou lors de son initiation c' est celui d'une déité, d'un personnage mythologique, un lieu saint....Le gourou l'a soigneusement choisi car il constitue une sorte de mantra et reflète la personnalité du disciple. Ce nom saint est un message crypté du gourou, une indication de la position du disciple dans la "vie sacrée" et de la voie qu'il doit suivre. La deuxième partie du nom indique la filiation sectaire.

La manière de s'adresser à un sadhu est d'employer le terme "Baba" "éminent vieil homme" suivi du suffixe de respect "Ji" ou "Maharaja" "grand roi" qui est plus révérencieux, "Mataji" "Mère révérée"est la façon de s'adresser à une sadhvi. Entre eux, ils s'appellent "Mahatma" "Grande âme" .

La plupart des sadhus appartiennent à une secte ou une organisation mais il existe quelques babas indépendants qui suivent l'ancienne tradition de l'ascétisme individuel. Ils ont en général été initiés par un gourou mais refusent de faire partie d'une secte. Les Yogis et les Aghoris sont dans cette catégorie.

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A côté des vrais sadhus, se trouvent quelques faux "Saints hommes" qu'un profane a du mal démasquer. Par exemple, des voleurs s'habillent en sadhus pour améliorer leur statut et leur revenu et des criminels se déguisent pour échapper à la police ou détrousser babas et pèlerins. Dans les villages, ils ne trompent pas longtemps mais dans les lieux de pèlerinage ou lors de festivals, ils peuvent faire illusion. Un sadhu se laisse difficilement duper par l'apparence mais pour être sûr , il pose quelques  questions apparemment innocentes mais qui contiennent un code connu seulement des vrais sadhus. 

La Voie

Pour la plupart des sadhus, la philosophie en tant que système rationnel de pensées ne présente pas grand intérêt. Ils préfèrent la vivre en suivant l'enseignement des écritures qui sont pour la plupart des récits mythologiques mais traitent implicitement de philosophie ou de métaphysique. De fait, la tradition asiatique peut être qualifiée d'anti-intellectuelle, la pensée rationnelle y étant souvent perçue comme un des obstacle sur la voie de l'Illumination. Le mental occupe une trop grande place dans le monde des apparences qui n'est pas seulement irréel et impermanent mais est aussi cause de souffrances et peines à l'occasion de renaissances sans fin. Les ascètes travaillent dur pour changer leur perception de la réalité du monde en reprogrammant leur esprit et en traversant le "Voile des illusions" (maya) pour appréhender la vrai réalité . La réalité doit être expérimentée plutôt que mise en mots. Bien sûr, il y a des exceptions qui se trouvent en général dans les plus hautes sphères de la hiérarchie ascétique : les Achariays (professeurs), Swamis (enseignants) et les Mahants (grands) peuvent approcher l'énigme de l'existence sous un angle intellectuel et philosophique.

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"les Yogis ayant abandonné tout attachement utilisent corps, leur esprit, leur raison et  même leurs sens uniquement dans le but de purifier leur être".

Comme cela est proclamé dans cet hymne, toutes les activités du sadhu ont pour but la purification de son être. Pour cela, toute sa vie est ritualisée, tout son temps est consacré à des rituel magico-religieux, des dévotions à sa déité tutélaire, le yoga, la méditation et les pratiques ascétiques. La purification commence par le renoncement à l'action et à ses conséquences. Les seules actions possibles sont celles dédiées au service de la déité. C'est pourquoi, même les activités les plus triviales du sadhu, comme balayer le sol, prendre un bain, cuisiner,... doivent être accomplies comme des offrandes rituelles. 

Suite p 4 - L'action vraie - ; -Vivre au pied des arbres-

Suite p 5 - La fonction sociale d'un Baba- ; - Les idoles vivantes- ; Les icônes- ; - L'apparence-

Suite -Quelques sectes Shivaistes-

Suite - Quelques sectes Vishnuistes

Suite -glossaire; quelques idées de lecture-

Galerie de photos sur les sadhus

 

 

    (c) PONDICHERY.COM - 2003 - Textes/infos: Christine Schotte

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