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> Les sadhus page 4

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L'action vraie

  Le renoncement au plaisirs des sens commence par celui à toutes possessions et aux plaisirs qu'elles procurent. Les sadhus doivent posséder uniquement le strict nécessaire à leur survie et à la pratique de leur rituel. La simplicité des choses qu'ils utilisent et le minimalisme de leur vêtement illustrent  cette obligation de pauvreté. La nudité est la meilleure expression de ce précepte de dénuement, mais de nos jours, seuls quelques élus la pratiquent. La plupart des saints hommes s'habillent d'un simple morceau de tissu et quelques uns lui préfèrent des produits naturels comme es feuilles de bananier.  Les sadhus ne travaillent pas, ils ne produisent pas et leur subsistance dépend de la générosité des dévots. Les dons arrivent assez facilement lorsqu'ils sont reconnus comme des hommes saints ayant des pouvoirs, mais les moins charismatiques, pas forcément les moins saints, doivent mendier. Une forme de mendicité passive consiste à s'asseoir sur le passage des croyants et d'attendre leurs oboles. Les croyants considèrent de leur devoir religieux de supporter les babas et savent que la mendicité fait partie des pratiques ascétiques.

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 Quelques sectes poussent le principe de pauvreté encore plus loin en réglementant les dons qu'elles peuvent accepter : pas d'argent, seulement de la nourriture cuisinée ou non, ne pas quémander auprès de certaines castes ou certains jours.

Si un baba reçoit plus que de quoi satisfaire ses besoins immédiats, il doit distribuer le surplus à ses condisciples babas ou subventionner son organisation. Les diverses organisations distribuent chacune à son tour un repas par jour aux sadhus et aux pauvres.

 

La sexualité constitue le plaisir des sens qui doit être proscrit absolument. Le célibat est sûrement l'exigence ascétique la moins compréhensible pour les hommes ordinaires qui considèrent le plaisir sexuel comme un droit et même comme un besoin biologique sans lequel la vie n'a quasiment plus de sens. Le célibat découle de la conviction que l'énergie sexuelle peut être sublimée en pouvoir spirituel et même en béatitude éternelle. Par le rejet de la sexualité, l'ascète se place en marge de la société, le célibat entraîne un désintérêt pour les relations sociales. La nourriture, autre source de plaisir, doit se limiter au minimum vital. Elle peut être prise comme "médicament" (les vrais médicaments  devant être idéalement proscrits) et doit être transmutée en "nourriture divine" "prasad" par l'offrande d'une partie au feu et aux dieux. Tous les sadhus sont végétariens pas seulement pour se conformer au principe de protection des créatures vivantes mais aussi parce que la viande est polluée et est supposée augmenter l'appétit sexuel. Un repas par jour est suffisant.

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Vivre au pieds des arbres

La sécurité et le confort d'un "chez soi" sont à abandonner. L'idéal est de vivre dans les temples ou au pied d'un arbre. Beaucoup de sadhus surtout jeunes et aventureux suivent cet ancien précepte d' itinérance et ne restent pas plus de quelques jours au même endroit. Ils voyagent légers, seuls ou en groupe et vont de lieu saint en lieu saint. Autrefois, ils marchaient, aujourd'hui, il prennent le train lorsque c'est possible, ils bénéficient d'une coutume ancienne qui les autorise à prendre ce transport gratuitement. Un pèlerinage célèbre consiste à se rendre aux quatre coins de l'Inde : Badrinath au nord, Puri à l'est, Rameshwaram au sud et Dwarka à l'ouest. Un autre circuit qui  dure deux ans et est plutôt apprécié  par les Shivaistes suit le cours de la Narmada .

Comme les oiseaux migrateurs, les sadhus bougent selon les saisons: l'hiver au sud et l'été dans l'Himalaya. Mais après quelques années d'errance, la plupart se trouvent un point de chute. Après les temples et le pied d'un arbre, les endroits favoris sont les grottes, les ermitages dans la jungle , un lieu de crémation, ou les berges d'une rivière sainte ou les abords d'une ville. En principe, ils doivent vivre sur un emplacement appartenant à une organisation religieuse mais quelques uns squattent des lieux publics. Le sadhu a pour règle de se fixer à un endroit consacré à sa déité ou bien considéré saint par tous comme Bénares, Allahabad et Rishikesh.

 

Les lieux sacrés pour les Shivaistes sont Hardwar, Ujjain, Nasik et Junagath. Les adeptes de Rama vont à Ayodhya, Chitrakut, Rameshwaran et Dwarka. Ce sont des endroits pleins de pouvoirs où les dieux ont touché la terre, où il existe une passerelle entre le ciel et la terre. De plus , dans de tels endroits, il y a une quantité de temples et ashrams où manger et un flot continu de pèlerins qui vénèrent leur dieu mais consultent aussi les babas et pourvoient à leurs besoins. 

A l'exception des ermites invétérés qui coupent tout contact avec le monde, la plupart des sadhus sont sociables et hospitaliers. Ils se rendent visite régulièrement et invitent avec une générosité royale. Ils partagent tout ce qu'ils ont : nourriture, boisson et cigarettes avec leurs visiteurs sans peur du lendemain. Bien sûr, les visiteurs ont des devoirs, les piques assiettes ne sont pas appréciés, par accord tacite, le visiteur doit contribuer, selon ses moyens, à l'entretien des sadhus, par des dons en nature ou par des services. Ces offrandes sont pour la déité et n'ont pas pour but de flatter l'ego du sadhu ou bien de l'enrichir. C'est ainsi qu'elles sont acceptées.

"Vivre sous un arbre" sans murs, présente l'inconvénient que tout un chacun peut déranger la paix de l'endroit où pire le polluer. Afin de préserver la pureté et de sanctifier son endroit, le baba instaure des règles de conduite et de barrières virtuelles autour de son domaine. Lorsqu'il entre dans ce territoire, le visiteur doit, tout comme à l'entrée d'un temple, se déchausser. Il doit traiter le baba avec respect, lui adresser le salut en usage dans sa secte et attendre qu'il lui désigne la place où s'asseoir. Il s'assoit alors sur le sol, jambes pliées et pieds cachés. Le baba s'assoit sur un emplacement généralement surélevé, de la taille d' un lit, constitué de couvertures empilées. C'est un endroit très privé que seuls d'autres sadhus peuvent partager avec lui, les gens ordinaires veillent à ne pas le toucher.

Suite p 5 - La fonction sociale d'un Baba- ; - Les idoles vivantes- ; Les icônes- ; - L'apparence-

Suite -Quelques sectes Shivaistes-

Suite - Quelques sectes Vishnuistes

Suite -glossaire; quelques idées de lecture-

Galerie de photos sur les sadhus

 

    (c) PONDICHERY.COM - 2003 - Textes/infos: Christine Schotte

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