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> Les sadhus page 5

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La fonction sociale d'un Baba

La principale fonction du baba peut être décrite comme donner de l'énergie spirituelle, ce qu'il peut faire par diverses méthodes. Parmi les offrandes qu'il a reçues : des fruits, des sucreries, des fleurs, certaines sont sacrifiées à la déité, il en garde une partie, mais la majorité est rendue aux croyants. Ces dons ont alors été chargés d'énergie spirituelle par le toucher ou la proximité du sadhu et sont ainsi devenu "prasad" "nourriture divine". Les cendres de son feu sont aussi distribuées comme des "prasad" et utilisées à des fins spirituelles ou médicales. La vision d'un sadhu suffit au transfert d'énergie à condition que celui qui la reçoit ait la bonne attitude de respect et d'adoration. Il doit avoir conscience d'être en présence d'un saint homme, d'une représentation du Dieu, d'un ascète qui a renoncé aux plaisirs terrestres pour atteindre sa libération mais aussi celle des autres. Cette façon de transférer l'énergie par la vision d'une image pieuse ou d'un sadhu est appelée : "donner le darshan". Le "prasad" et le "darshan" sont les deux principales méthodes de transfert d'énergie, mais il y en a d'autres.

Les visiteurs qui ont un mauvais karma, des vibrations trop négatives ou des habitudes trop impures ont seulement le droit de jeter un bref regard sur le baba pour profiter du bénéfice du "darshan" sans polluer l'atmosphère. Après tout, chacun est responsable de son karma . Un baba peut prendre en charge une partie du karma d'un autre pou l'aider, mais il doit en supporter les conséquences. Les sadhus ne sont pas idéalistes au point de penser qu'ils peuvent ou doivent aider tout le monde. Ils sont plutôt assez  réalistes pour accepter le fait que certains individus ont dépassé les limites de la rédemption.

Lors de la première rencontre, le visiteur doit faire un don, sa magnificence reflète l'importance du Baba et de son visiteur. Ce présent peut être de l'argent, mais si le Baba est fumeur, un bon morceau de haschich sera préféré. Si le Baba apprécie le visiteur, il lui offrira du thé, de la nourriture , de quoi fumer et il lui racontera des histoires instructives. Toute l'attention doit être portée sur le Baba; s'il est talentueux, cela se fera naturellement. Dans son "royaume", le Baba fait ce qui lui plait, il n'a de compte à rendre à personne excepté à son gourou.

Les idoles vivantes

Les Hindous habitent un pays enchanté dans lequel les dieux se manifestent sous de multiples formes : montagnes, rochers, falaises, pierres, océans, rivières, lacs, arbres, plantes, animaux et êtres humains. Comme si ce n'était pas suffisant, le Divin se manifeste aussi dans les créations humaines comme la sculpture, la peinture et la musique.

Aussi longtemps que la perception du Divin (Suprême darshan) n'est pas réalisée, ce qui est le cas de la plupart des mortels, avoir un "darshan" avec une des manifestations du Divin constitue une approche de la nature de "l'Être Suprême". Avec le rituel d'adoration, le dévot établit une relation avec le Divin à travers une de ses représentation. Cette pratique augmente son énergie spirituelle car les idoles sont considérés comme des accumulateurs et des conducteurs de cette énergie.

Les sadhus peuvent être considérés comme une classe spéciale d'idoles. Après tout, par leur apparence et leur comportement, ils ressemblent aux dieux de la mythologie tels que l'iconographie les représente.

La peur que certains indiens éprouvent vis à vis de ces hommes saints contredit la vénération que ces idoles vivantes inspirent. Les Babas ont depuis la nuit des temps une réputation de sorciers jeteurs de sorts et certains renforcent cette frayeur par un comportement outrancier et provocateurs.

Les Icônes 

Les sadhus endossent la personnalité de leur déité, ils aspirent à lui ressembler, à s'immerger en elle grâce à la métamorphose de leur corps en "véhicule divin" et par le rituel de transformation de la vie quotidienne en une existence sacrée. Quelques sadhus ont conscience que leur déité est seulement une projection anthropomorphique du Brahman , le Dieu abstait et sans nom et utilisent cette image comme une aide pour approcher l'Absolu. D'autres croient à l'existence de leur déité et la considèrent comme le seul Vrai Dieu ou comme le plus puissant du panthéon. Ils croient à sa présence dans l'idole et à la communication avec elle à travers son adoration.

Dans l'hindouisme, l'existence simultanée de ces croyances contradictoires ne pose aucun problème, on peut ou non croire en l'Absolu, adorer un dieu mineur voire une idole, tout cela revient au même, tout est vérité. Les différences entre adeptes de Shivas et adeptes de Vishnu sont surtout superficielles, le symbolisme et les rituels révèlent les racines ascétiques communes qui ramènent à Shiva, le dieu des Yogis .

L'apparence

Les sadhus s'habillent très différemment du reste de la population, leurs couleurs de prédilection sont des déclinaisons de rouge, orange, safran , ocre et rose, les couleurs du feu, du soleil, du sang et de la terre. Les Aghoris s'habillent en blanc, couleur de la mort et du renoncement.

La plupart des sadhus ceignent leur taille d'une pièce de coton sans coutures et posent un châle sur leurs épaules. Certains portent un tee-shirt ou une veste, mais aucun ne porte de pantalons.

Quelques Babas ne s'habillent qu'avec des matières naturelles comme des feuilles de bananier, d'autres avec des matières très rugueuses et d'autres encore avec des vêtements en patchwork faits avec des matériaux de récupération.

La nudité symbolise le mieux le caractère ascétique, elle étonna les Grecs qui les premiers rencontrèrent les sadhus au 3 ème siècle avant JC et qualifièrent ces derniers de "philosophes nus". Autrefois ces philosophes nus se rencontraient dans de multiples sectes, aujourd'hui, seuls les Shiva Naga  pratiquent encore la nudité et encore en certaines occasion et sur leur territoire. La nudité marginalise le sadhus, elle signifie un détachement du monde, un retour à l'innocence de l'enfant. En même temps, se promener nu par tous les temps est une rude épreuve.

La majorité des sadhus se peint les insignes de leur déité (Tilak) sur le front, les dévots en visite dans un temple font de même. Les femmes indiennes considèrent le point entre leurs sourcils comme participant à leur maquillage. Les formes, couleurs et matières du tilak diffèrent suivant les sectes. 

Le Tilak des  Shivaistes est constitué de trois lignes horizontales fait avec de la cendre, du bois de santal ou d'autres pigments jaunes ou oranges, un point ( bindu) rouge ou noir peut compléter les traits . Ces lignes sont liées au trident de Shiva et représente la trinité Shiva, Visnu et Brahma et le bindu représente le troisième oeil de Shiva..

 

Le Tilak des vishnuiste est vertical, il est formé de deux lignes blanches ou jaunes  formant un U allant de la base du nez à l'implantation des cheveux et d'une ligne rouge verticale ou un point représentant Sita.

Le port de la longue chevelure (jata) est en vigueur aussi bien chez le Vishnuistes qu chez les Shivaistes. C'est un symbole de virilité et de force, un emblème des pouvoirs surnaturels du sadhu. A l'inverse, d'autres babas se rasent la tête, les joues, la poitrine, les aisselles et l'aisne.

La morphologie idéale du sadhu est celle d'un jeune garçon. 

Pendant qu'ils assurent leurs rites, les sadhus prennent des postures de hatha-yoga, durant les cérémonies  ou pour des photos ils prennent des poses officielles qui consistent à faire des postures de mains (mudras) représentatives de leur déité. Les pieds du sadhus ont un rôle important dans son interaction avec le monde. Les pieds sont considérés comme d'excellents conducteurs de l'énergie spirituelle, les toucher permet de transférer cette énergie. De plus le côté pratique de cette croyance est que les pieds sont une partie du corps que le sadhus peut présenter à l'attouchement sans crainte d'être pollué.

Par les pieds, on prend l'énergie du sol, ce qui est un bonne raison de se déchausser à l'entrée des lieux saint, d'autan que les chaussures sont considérées comme très sales et très impures.

Masser les pieds de son guru est un privilège.

Avec leur costume, leur maquillage, les sadhus ressemblent à des acteurs en scène. S'ils sont nombreux à manifester un grand talent dans l'art de se mettre en scène, quelques uns ne s'élèvent pas au dessus du niveau d'homme de spectacle, mais certains sont vraiment sincères et profonds.

Suite -glossaire; quelques idées de lecture-

Lien vers des sectes dédiées à Shiva

lien vers des sectes dédiées à Vishnu

 

 

 

    (c) PONDICHERY.COM - 2003 - Textes/infos: Christine Schotte

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