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La fonction sociale d'un
Baba

La principale fonction du baba peut être décrite
comme donner de l'énergie spirituelle, ce qu'il peut faire par
diverses méthodes. Parmi les offrandes qu'il a reçues : des
fruits, des sucreries, des fleurs, certaines sont sacrifiées à
la déité, il en garde une partie, mais la majorité est rendue
aux croyants. Ces dons ont alors été chargés d'énergie
spirituelle par le toucher ou la proximité du sadhu et sont ainsi
devenu "prasad" "nourriture divine". Les
cendres de son feu sont aussi distribuées comme des "prasad"
et utilisées à des fins spirituelles ou médicales. La vision
d'un sadhu suffit au transfert d'énergie à condition que celui
qui la reçoit ait la bonne attitude de respect et d'adoration. Il
doit avoir conscience d'être en présence d'un saint homme, d'une
représentation du Dieu, d'un ascète qui a renoncé aux plaisirs
terrestres pour atteindre sa libération mais aussi celle des
autres. Cette façon de transférer l'énergie par la vision d'une
image pieuse ou d'un sadhu est appelée : "donner le
darshan". Le "prasad" et le "darshan"
sont les deux principales méthodes de transfert d'énergie, mais
il y en a d'autres.
Les visiteurs qui ont un mauvais karma, des
vibrations trop négatives ou des habitudes trop impures ont
seulement le droit de jeter un bref regard sur le baba pour
profiter du bénéfice du "darshan" sans polluer
l'atmosphère. Après tout, chacun est responsable de son karma .
Un baba peut prendre en charge une partie du karma d'un autre pou
l'aider, mais il doit en supporter les conséquences. Les sadhus
ne sont pas idéalistes au point de penser qu'ils peuvent ou
doivent aider tout le monde. Ils sont plutôt assez
réalistes pour accepter le fait que certains individus ont
dépassé les limites de la rédemption.
Lors de la première rencontre, le visiteur doit
faire un don, sa magnificence reflète l'importance du Baba et de
son visiteur. Ce présent peut être de l'argent, mais si le Baba
est fumeur, un bon morceau de haschich sera préféré. Si
le Baba apprécie le visiteur, il lui offrira du thé, de la
nourriture , de quoi fumer et il lui racontera des histoires
instructives. Toute l'attention doit être portée sur le Baba;
s'il est talentueux, cela se fera naturellement. Dans son
"royaume", le Baba fait ce qui lui plait, il n'a de
compte à rendre à personne excepté à son gourou.
Les
idoles vivantes

Les Hindous habitent un pays enchanté dans lequel
les dieux se manifestent sous de multiples formes : montagnes,
rochers, falaises, pierres, océans, rivières, lacs, arbres,
plantes, animaux et êtres humains. Comme si ce n'était pas
suffisant, le Divin se manifeste aussi dans les créations
humaines comme la sculpture, la peinture et la musique.
Aussi longtemps que la perception du Divin
(Suprême darshan) n'est pas réalisée, ce qui est le cas de la
plupart des mortels, avoir un "darshan" avec une des
manifestations du Divin constitue une approche de la nature de
"l'Être Suprême". Avec le rituel d'adoration, le
dévot établit une relation avec le Divin à travers une de ses
représentation. Cette pratique augmente son énergie spirituelle
car les idoles sont considérés comme des accumulateurs et des
conducteurs de cette énergie.
Les sadhus peuvent être considérés comme une
classe spéciale d'idoles. Après tout, par leur apparence et leur
comportement, ils ressemblent aux dieux de la mythologie tels que
l'iconographie les représente.
La peur que certains indiens éprouvent vis à vis
de ces hommes saints contredit la vénération que ces idoles
vivantes inspirent. Les Babas ont depuis la nuit des temps une
réputation de sorciers jeteurs de sorts et certains renforcent
cette frayeur par un comportement outrancier et provocateurs.
Les
Icônes
Les sadhus endossent la personnalité de leur
déité, ils aspirent à lui ressembler, à s'immerger en elle
grâce à la métamorphose de leur corps en "véhicule
divin" et par le rituel de transformation de la vie
quotidienne en une existence sacrée. Quelques sadhus ont
conscience que leur déité est seulement une projection
anthropomorphique du Brahman , le Dieu abstait et sans nom et
utilisent cette image comme une aide pour approcher l'Absolu.
D'autres croient à l'existence de leur déité et la considèrent
comme le seul Vrai Dieu ou comme le plus puissant du panthéon.
Ils croient à sa présence dans l'idole et à la communication
avec elle à travers son adoration.
Dans l'hindouisme, l'existence simultanée de ces
croyances contradictoires ne pose aucun problème, on peut ou non
croire en l'Absolu, adorer un dieu mineur voire une idole, tout
cela revient au même, tout est vérité. Les différences entre
adeptes de Shivas et adeptes de Vishnu sont surtout
superficielles, le symbolisme et les rituels révèlent les
racines ascétiques communes qui ramènent à Shiva, le dieu des
Yogis .
L'apparence
Les sadhus s'habillent très différemment du
reste de la population, leurs couleurs de prédilection sont des
déclinaisons de rouge, orange, safran , ocre et rose, les
couleurs du feu, du soleil, du sang et de la terre. Les Aghoris
s'habillent en blanc, couleur de la mort et du renoncement.
La plupart des sadhus ceignent leur taille d'une
pièce de coton sans coutures et posent un châle sur leurs
épaules. Certains portent un tee-shirt ou une veste, mais aucun
ne porte de pantalons.
Quelques Babas ne s'habillent qu'avec des
matières naturelles comme des feuilles de bananier, d'autres avec
des matières très rugueuses et d'autres encore avec des
vêtements en patchwork faits avec des matériaux de récupération.
La nudité symbolise le mieux le caractère
ascétique, elle étonna les Grecs qui les premiers rencontrèrent
les sadhus au 3 ème siècle avant JC et qualifièrent ces
derniers de "philosophes nus". Autrefois ces philosophes
nus se rencontraient dans de multiples sectes, aujourd'hui, seuls les
Shiva Naga pratiquent encore la nudité et encore en
certaines occasion et sur leur territoire. La nudité marginalise
le sadhus, elle signifie un détachement du monde, un retour à
l'innocence de l'enfant. En même temps, se promener nu par tous
les temps est une rude épreuve.
La majorité des sadhus se peint les insignes de
leur déité (Tilak) sur le front, les dévots en visite dans un
temple font de même. Les femmes indiennes considèrent le point
entre leurs sourcils comme participant à leur maquillage. Les
formes, couleurs et matières du tilak diffèrent suivant les
sectes.
Le Tilak des Shivaistes est constitué de
trois lignes horizontales fait avec de la cendre, du bois de
santal ou d'autres pigments jaunes ou oranges, un point ( bindu)
rouge ou noir peut compléter les traits . Ces lignes sont liées
au trident de Shiva et représente la trinité Shiva, Visnu et
Brahma et le bindu représente le troisième oeil de Shiva..

Le Tilak des vishnuiste est vertical, il est
formé de deux lignes blanches ou jaunes formant un U allant
de la base du nez à l'implantation des cheveux et d'une ligne
rouge verticale ou un point représentant Sita.

Le port de la longue chevelure (jata) est en
vigueur aussi bien chez le Vishnuistes qu chez les Shivaistes.
C'est un symbole de virilité et de force, un emblème des
pouvoirs surnaturels du sadhu. A l'inverse, d'autres babas se
rasent la tête, les joues, la poitrine, les aisselles et l'aisne.
La morphologie idéale du sadhu est celle d'un
jeune garçon.
Pendant qu'ils assurent leurs rites, les sadhus
prennent des postures de hatha-yoga, durant les cérémonies
ou pour des photos ils prennent des poses officielles qui
consistent à faire des postures de mains (mudras)
représentatives de leur déité. Les pieds du sadhus ont un rôle
important dans son interaction avec le monde. Les pieds sont
considérés comme d'excellents conducteurs de l'énergie
spirituelle, les toucher permet de transférer cette énergie. De
plus le côté pratique de cette croyance est que les pieds sont
une partie du corps que le sadhus peut présenter à
l'attouchement sans crainte d'être pollué.
Par les pieds, on prend l'énergie du sol, ce qui
est un bonne raison de se déchausser à l'entrée des lieux
saint, d'autan que les chaussures sont considérées comme très
sales et très impures.
Masser les pieds de son guru est un privilège.
Avec leur costume, leur maquillage, les sadhus
ressemblent à des acteurs en scène. S'ils sont nombreux à
manifester un grand talent dans l'art de se mettre en scène,
quelques uns ne s'élèvent pas au dessus du niveau d'homme de
spectacle, mais certains sont vraiment sincères et profonds.
Suite
-glossaire;
quelques idées de lecture-
Lien
vers des sectes dédiées à Shiva
lien
vers des sectes dédiées à Vishnu
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