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Le Monde de Doc .....Le Monde de Doc....

                                                  

 

                         Les différentes enquêtes

Nuit blanche à Madras  

Le brahmane est intuitif ! Une intrigue policière en Inde, avec comme detective un brahmane qui rivalise avec la police officielle pour démasquer un criminel, voilà qui depaysera, pense-t-on ! certes la vie quotidienne avec les usages et les rites, les tabous officiels et les pratiques réelles, sont ainsi mis à notre portée. Pourtant la ville de Madras, présente par le nom de certains lieux, ne vit pas réellement. Notre brahmane détective semble en revanche bien connaître l'âme humaine, mais il serait plus sympathique si son humour était moins noir,(Sarah Dars parle d'"humour grincant" p 86 et de "plaisanterie de mauvais goût" p 87), et s'il affectait moins l'amitié pour confondre le coupable. En fait le brahmane Doc s'appuie moins sur l'etude des indices que sur un flair "intuitif" qui lui ouvre la voie de la vérité. L'intrigue policière reste donc somme toute conventionnelle. Le roman se lit, mais sans le grand plaisir escompté. Le lecteur, soucieux de voir une autre civilisation par le biais du polar, préfèrera les enquêtes du Juge Ti de Van Gulik, et pour la connaissance de l'Inde, l'excellent "garçon convenable" de Vikram Seth dont je ne me lasse pas de dire du bien.

extrait de http://rompol.free.fr

Coup bas à Hyderâbâd      

Les romans policiers écrits par les femmes dans la tradition des Dorothy L. Sayers wt Agatha Christie, continuent à jouir d'une très grande popularité. Voici que dans le choeur cosmopolite des P.D.James, Elizabeth George, Dona León, Barbara Vine et autres Batya Gur , se mêle une voix française, Sarah Dars, qui d'un coup a publié deux romans policiers en février et juin de cette année. Et ce qui a naturellement suscité mon intérêt, le héros détective est un médecin indien et la scène l'Inde du Sud.

Je dois avouer que j'ai commencé ma lecture avec quelques doutes quant à la nature même d'une telle entreprise: dans un pays où les meurtres politiques et autres sont à l'ordre du jour, où la justice est lente à enregistrer les plaintes et où les procès traînent en longueur, plus que chez nous, où souvent le système (politique, policier et judiciaire) couvre les criminels, à quoi sert-il de faire rechercher et poursuivre un criminel par un détective?

Et voilà que Sarah Dars se pose ces mêmes questions, et y répond en se portant sur des personnages individuels, à problèmes personnels et psychologiques plutôt que de se lancer dans une analyse sociale.

Qui sont ces personnages? A Hyderabad on rencontre un riche sheikh, ou encore un industriel esthète et mécène de musiciens (dont sa 3e épouse, chanteuse célèbre). Le détective communément appelé Doc est médecin, fasciné par la médecine ayurvédique, philosphe érudit, amateur passionné de musique classique et pratiquant le kalaripayatt, art martial typique du Kérala. Son cousin qui travaille au Ministère de la Justice s'enrichit; des commerçants sont en proie à la mafia ; ...

Et les victimes? A Hyderabad: le sheikh, un imam, un commerçant; à Madras une jeune fille à peine sortie de l'adolescence.

Les criminels que je ne vous révélerai certainement pas, sont traqués grâce à l'intuition et l'intelligence rationnelle de Doc. Rien de spécialement indien à cela, si ce n'était le décor richement illustré de l'Inde du Sud avec son arrière-fonds plein de chuchotements, de demi-mots, de contrôle quasi permanent de la vie privée par les voisins.

Ce sont donc des romans qui d'un côté dépaysent le lecteur en le transportant dans un cadre exotique, mais qui de l'autre restent bien dans la tradition du polar classique. Au fil des pages on aimerait même quelquefois que Sarah Dars, "orientaliste passionnée de l'Inde", nous fasse un peu moins de leçons de géographie et de culture. Son approche générale est pourtant sympathique.

J'ai certes lu des romans indiens plus captivants, où l'on sent plus l'Inde vivre de l'intérieur (rappelez-vous Rohinton Mistry), j'ai certes lu des romans policiers plus passionnants. Mais c'est la première fois (du moins pour moi) où Inde et polar sont réunis d'une façon plus qu'agréable et distrayante, pour une lecture de vacances ou de soirées fatiguées. Je serais maintenant très intéressé à lire un "vrai" polar indien, écrit par un "vrai" indien. Peut-être en connaissez-vous que vous voudriez bien nous présenter.

Quoiqu'il en soit, attention, lecteurs et lectrices, si vous rencontrez un Indien originaire du Kérala brandissant un parapluie!

http://www.ltam.lu/AEI/Bull00-3/SarahDars.htm

Ramdam à Mahâbalipuram  



Le brahmane Doc est un vrai fou de musique et sa vie se déroule entre son métier de médecin, les concerts de musique indienne et quelques bonnes séances d'arts martiaux. Lorsque la petite Sumitrâ, une de ses protégées, meurt brutalement, Doc cherche à comprendre ce qui s'est passé et sa curiosité va l'entraîner dans la jungle, les processions religieuses et le monde des truands.
Voilà le roman idéal pour l'été. Grâce au glossaire, on est vite à l'aise dans cet univers indien où l'on mange des bhaji, où l'on parle le kannara, où les démons s'appellent râkshasa. Dépaysement garanti avec tout le charme d'une histoire policière bien menée, écrite avec élégance, bourrée de renseignements historiques qui, l'air de rien, sont une mine de connaissances.

Dinah Brand
Lire, juillet 2001 / août 2001

La morte du Bombay Express  

Sanskritiste ayant longtemps séjourné dans le sous-continent, après de grands périples en Asie, d'Oulan-Bator à Pékin, de Kaboul à Lhassa, d'Istanbul à Tokyo, Sarah Dars réussit le prodige, sous couvert d'énigmes criminelles à résoudre, de révéler bien d'autres mystères, notamment ceux qui tissent et structurent, somme toute assez efficacement, la réalité la plus chaotique qui soit. Son héros n'est pas un policier ni un détective de métier, c'est un brahmane qui exerce à Madras la profession de médecin, d'où ce surnom de "Doc" qui le désigne familièrement et suggère en toutes circonstances une qualité d'observation hors du commun. Qu'il s'occupe de la santé de ses malades ou qu'il tente de découvrir le coupable d'un meurtre que le hasard a mis sur sa route, Doc n'oublie aucun détail, n'écarte aucune hypothèse.

En outre, toujours imprégné par l'éducation traditionnelle qu'il a reçue, il ne cesse de stimuler sa réflexion en citant les traités de l'Inde ancienne, notamment le Panchatantra ou l'Arthashâstra. Loin d'être perçu comme une coquetterie ou un anachronisme, ce décryptage d'actions très contemporaines en usant d'indications venues du plus lointain passé se révèle plein d'imprévu et de charme. Doc ne méprise pas les méthodes actuelles d'investigation, mais il n'a à sa disposition que son "ordinateur cérébral" et, surtout, ne se sentant investi d'aucune mission officielle qui l'obligerait à changer sa façon d'être ou de penser, il mobilise ses facultés mentales en toute liberté, poussé par le goût purement intellectuel de l'élucidation.

LUCIDITÉ BIENVEILLANTE

Car il n'a rien d'un justicier ni d'un défenseur résolu de la loi. Souvent, le coupable qu'il vient de confondre lui apparaît sous les traits d'une victime d'un autre genre, comme si, dans la loterie où se jouent les actions humaines, ne se comptaient quasiment que des perdants. Au cours de chacune de ses enquêtes fortuites arrive l'instant du doute radical, le moment où Doc, au comble de l'indécision, fait le portrait des acteurs du drame en tenant compte de tout ce qu'il a récemment découvert sur chacun d'eux. Ces petits croquis, rapides et précis, s'ils prouvent, comme il est de convention dans les romans policiers, que tous les protagonistes peuvent être suspectés, se distinguent par la lucidité mais aussi la bienveillance dont fait preuve celui qui est censé décrire et observer pour mieux démasquer.

Pourtant, dans La Morte du Bombay Express, les "acteurs du drame" étant précisément des acteurs, l'univers factice et futile dans lequel ils évoluent ne devrait guère inspirer de sympathie. La compassion de Doc, qui tient pour partie à sa vocation de thérapeute et pour partie à sa personnalité propre, suffit donc à changer le climat pesant d'une intrigue aux ressorts nécessairement tragiques en exploration perspicace, toujours légèrement distanciée, voire amusée. Ce personnage conjugue à l'évidence les qualités d'intelligence et de cœur, de séduction et d'humour, de courage et de modestie qui façonnent pour Sarah Dars une sorte d'Indien idéal. C'est un lettré, grand amateur de musique, expert dans l'art martial du kalaripayatt et qui, pour être brahmane, n'en est pas moins tolérant et sensible aux plaisirs de la vie.

Avec lui, on traverse tous les cercles, infernaux, quotidiens ou sublimes, d'une "comédie" qui, humaine trop humaine, ne cesse jamais pourtant d'être divine. Il est, partout, le guide rêvé, celui qui dévoile et fait partager, celui qui parle d'abondance et sait se taire quand le temps qui passe semble avoir accès à une émotion plus vaste, peut-être sacrée. Alors, en plus du fin mot de l'histoire de la-jeune-femme-retrouvée-carbonisée-dans-un-compartiment-de-première-classe-f ermé-de-l1intérieur, le lecteur voit son plaisir décupler en suivant les innombrables et marginales pérégrinations de Doc.

On retrouve en effet celui-ci, escorté du fidèle Arjun, son ami et confident, en train aussi bien de soigner l'obésité d'un beau-frère que de franchir les portes des studios de cinéma de Bollywood, d'affronter des voyous avec son parapluie pour seule arme imparable, de se laisser aller à manger trop épicé, de participer aux fêtes de Gokulâshtamî ou de Ganesha Chaturthi, d'écouter avec ferveur les chants qawwali des Sabri Brothers, d'arpenter Bombay en tous sens, comme de disputer de l'actualité d'un traité sur l'art de gouverner datant de quatre siècles avant notre ère... S'il est un détective de raccroc, Doc est à coup sûr l'enquêteur le plus véloce et le plus inspiré des faits et gestes, croyances, modes, survivances et réalisations de l'Inde d'aujourd1hui.

Grâce à lui, Sarah Dars peut livrer l'essentiel de ce qui l'a passionnée dans l'étude de la mythologie et des philosophies indiennes, tout en célébrant le pays réel qu'elle connaît intimement, tout en entretenant le feu d'une action soutenue. Elle n'hésite d'ailleurs pas à augmenter ses romans d'un glossaire, afin de n'égarer aucun de ceux qui voudront à sa suite partir à la découverte des textes fondateurs, voire des villes de Madras, Hyderâbâd, Mahâbalipuram ou Bombay. Car ses récits sont à la fois des invitations au départ, à l'aventure, et des viatiques. Ils s'affranchissent de la distinction confortable édictée par André Breton entre " les livres de voyage et les livres qui font voyager". Avec Sarah Dars et son brahmane Doc, le désir de vivre ailleurs, dans une réalité autre, s'accomplit autant sur la terre des hommes que dans les fantasmagories ou les rêves.

Quelques-uns des premiers chapitres de La Morte du Bombay Express sont à cet égard des plus impressionnants : la canicule, la nuit tombée, la lente progression du train entre des paysages devenus fantomatiques, favorisent de lourdes et angoissantes visions, comme si, derrière la vitre du compartiment, les Contes du vampire, grand classique de la littérature indienne, s'animaient soudain : "Dans cette obscurité de poix, on ne distinguait rien, si ce n'est, ici ou là, le flamboiement d'un bûcher funéraire qui finissait de se consumer, petite fumée, escarbilles, ombre mouvante d1un homme ou d'une grande chauve-souris. La vue du brasier, pourtant très éloigné, ajoutait encore à l'impression de fournaise. Il n'était pas difficile d'imaginer les âmes des trépassés voletant au-dessus des sables encore chauds, les spectres allant et venant en leurs effroyables voyages de l'enfer de Yama au monde des vivants." Saturé d'aussi terribles présages, l'espace du dehors ne pouvait qu'entrer par effraction dans l'un des wagons, fermé littéralement à double tour. Pour passer du cauchemar légendaire à l'intrigue policière, il ne suffisait plus alors que d'une allumette.

André Velter

Rififi à Ooty           

Doc, le brahmane détective qui n'a pas ses yeux dans sa poche, se retrouve une nouvelle fois au coeur d'une intrigue policière. Mais comment refuser un conseil à un ami? Tout commence dans une station paisible de l'Inde chic. Un meurtre, une pierre précieuse volée, le Ceylan noir, il n'en faut pas plus pour échauffer les esprits.

On croise une beauté en sari bleu, une femme secrètement amoureuse, un Anglais en danger et, surtout, ce monde étrangement délicat de l'Inde d'aujourd'hui. Les rites, les traditions, les mystères, les passions, Sarah Dars nous y plonge avec délice, sans oublier les croyances éternelles et les nuits de rêve qui s'achèvent sur une incantation. Dans ce voyage divinement labyrinthique, on rencontre toujours des éléphants qui s'échappent de la forêt et des Anglais en habit prenant le thé à cinq heures.

par Dinah Brand
Lire, juillet 2003 / août 2003

Malabar Connection 

Qui a intérêt à perturber le grand sacrifice védique qui doit se dérouler à Ponnani pour les cent ans d'un fameux maître d'armes ? L'un des cent huit officiants a disparu : que lui est-il arrivé, et les autres sont-ils en danger ? Doit-on craindre le courroux des divinités ?

Venu au Kerala pour les célébrations, Doc, le brahmane détective malgré lui, saura-t-il démêler ce nouveau écheveau, faire la part des querelles doctrinales et celle des intrigues familiales... sans parler du hasard ou de la fatalité ?

                          

 

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(c) PONDICHERY.COM / - 2004 - Textes/infos: François Schotte