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Susheela RamanSusheela RamanSusheela RamanSusheela RamanSusheela Raman

Devant une tasse de thé, un châle de soie enroulé autour des épaules, la chanteuse Susheela Raman a trouvé sa place cet après-midi de juin, dans le salon d'un appartement parisien. 

Susheela RamanComme un chat assoupi sur le coussin qu'il s'est choisi, elle s'offre un moment, une échappée belle, emportée par la musique de Manos Achalinotopoulos, sortant des enceintes. Il y a deux jours, ce clarinettiste grec qui a participé à l'enregistrement de son album Salt Rain (Narada World/Virgin), paru fin mai 2001, était à côté d'elle, sur la scène de l'Olympia où elle se produisait. Il lui a donné un grand bonheur, dit-elle. Il y a des musiques qui procurent de douces ivresses, caressent l'âme et le cœur. Susheela Raman énumère : la musique iranienne, le shakuhachi japonais, ou la voix sublime du chanteur pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan, le maître du qawwali décédé en 1997, "quelqu'un qui avait cette capacité d'emmener les gens, de les rendre fous, cette faculté de leur faire partager une expérience mystique. Il transmettait de l'émotion directe, évidente".

Susheela RamanLa première de toutes les musiques à l'avoir marquée est celle qui a baigné son enfance : la musique carnatique de l'Inde du Sud. Susheela est née à Londres en 1973 de parents tamouls. "Aussi loin que je me souvienne, cette musique a toujours été présente à la maison, donc en moi. Avant même que je sache parler."Elle aurait voulu y échapper qu'elle n'aurait pas pu. Mais un enfant a-t-il vraiment envie d'échapper à la musique qui fait son environnement ? Celle-ci lui convenait autant que Bimbo l'éléphant, une comptine qu'elle n'a jamais oubliée. Susheela Raman, l'instant d'avant femme au regard pénétrant, se métamorphose à cet instant en gamine espiègle et se met à chantonner. Elle s'excuse de la digression, revient aux souvenirs plus sérieux. Sa mère chantait, son père aussi. Il avait une sœur dotée d'une voix magnifique. Quand celle-ci a commencé à donner des concerts de chant carnatique, il l'accompagnait à la tampura. "Elle est décédée au moment d'entamer une tournée en Inde du Nord. Plus tard, ma grand-mère a toujours cru que j'étais sa réincarnation."

 

Susheela RamanA deux ans, elle a son premier contact avec l'Inde que ses parents avaient quittée en 1966. Le souvenir qui lui en reste n'est pas celui qu'elle préfère. Une cérémonie à Tirupati, un rituel au cours duquel on rase les cheveux des enfants. "J'ai hurlé, c'est gravé dans ma mémoire. Maintenant, ça va, j'ai surmonté le traumatisme." Susheela Raman s'amuse quand elle remonte le fil de sa mémoire. Son visage grave laisse deviner un jardin intérieur fleuri d'émotions fortes, s'éclaire de légèreté au fil des images, des moments, des gens qui ont déterminé les choix de sa vie, lui ont allumé des rêves. L'Inde, ce fut également la découverte de grottes couvertes de peintures rupestres qui l'ont fascinée à cinq ans, ou encore les taxis noirs et jaunes, qu'on appelait les "ambassadeurs", et puis la terre, humide, sablonneuse sous les pieds. L'Inde, c'était l'endroit où l'on revenait toujours.

 

Susheela RamanLE MÉLANGE HINDOUSTANI

 

D'Australie où ses parents s'étaient installés avec elle en 1977, elle partait pour l'Inde, le temps des vacances, pour visiter la famille, assister à un mariage. Puis, un jour, pour étudier la musique, à 20 ans, lorsque son père et sa mère sont retournés chez eux et qu'elle-même s'est installée en Angleterre. Après l'apprentissage par capillarité, elle avait entamé son apprentissage de la musique avec son premier professeur, Rajani Chandrasekar, à Sidney. A Bénarès, sur les rives du Gange, elle entend une voix qui s'échappe par-dessus les murs. Shruti Sadolikar donne un récital de chant khyal. "Ce qui m'a frappée c'est que j'avais l'impression qu'elle chantait uniquement pour moi. Les grands chanteurs ont ce don de vous faire croire qu'ils ne chantent que pour vous."Ce sera son second professeur. Elle lui donnera quelques clés pour comprendre et apprécier la musique hindoustani (de l'Inde du Nord). "J'ai trouvé souvent dans la musique hindoustani peut-être plus d'émotion, de passion, de sensualité que dans la musique carnatique. Celle-ci est restée très pure, contrairement à celle du Nord qui s'est mélangée, a évolué avec les invasions successives. Cette idée de mélange est plus en accord avec moi-même. Mais je n'ai jamais interprété ce répertoire. Il faut toute une vie pour l'apprendre."

 

Susheela RamanL'idée fixe, l'obsession de Susheela Raman, c'est la fusion, la rencontre entre les cultures. Elle-même est faite de cela, c'est sa force, sa richesse, affirme-t-elle. "C'est la réalité du monde. Les gens n'arrêtent pas de se déplacer, alors forcément les cultures se mélangent." Et tant mieux. L'idée de transposer cette évidence en musique lui vient après avoir écouté Passion, la bande-son du film de Martin Scorsese, La Dernière Tentation du Christ, album avec lequel Peter Gabriel inaugura son label Real World en 1989. "Ce disque a été un déclic. J'ai commencé à penser qu'effectivement il pouvait y avoir des possibilités de mélanger des cultures différentes en musique. J'y avais déjà réfléchi mais je ne savais comment m'y prendre, je n'osais pas." Ainsi est né Salt Rain, un album subtil, au charme envoûtant, construit et pensé avec le guitariste et producteur anglais Sam Mills.

 

Susheela Raman


On y a découvert une jeune femme anglaise d'origine indienne au regard brûlant qui affiche sans ambiguïté un parti pris de fusion entre musique classique de l'Inde du Sud, sonorités occidentales et même échos d'Afrique. De l'ethno-pop, dirait-on paresseusement. Elle y interprète des adaptations de pièces anciennes comme Ganapati, dédié au dieu Ganesh, composée au XVIIIe siècle par Dikshitar, Mahima, écrite à la même époque par Tyagaraja, autre compositeur de référence dans la musique carnatique ; des relectures originales, Song to The Siren de Tim Buckley, ou Trust in Me, la chanson du perfide serpent Kaa dans Le Livre de la jungle de Walt Disney. Une certaine idée de la culture universelle en somme.

Patrick Labesse

Susheela Raman 

 

 

 Susheela RamanSusheela RamanSusheela RamanSusheela RamanSusheela Raman

Biographie

  • 20 juillet 1973 Naissance à Londres.

  

  •  1977 Départ pour l'Australie.

 

  •   2000 Enregistre "Salt Rain" aux studios Real World en Angleterre.



    Salt Rain  de Susheela Raman

  • Commander l'album Salt Rain  RAMAN.JPG (8193 octets)

    A noter que Pondichery.com n'ayant pas de vocation commerciale, les produits de ce partenariat seront intégralement reversés à des organisations caritatives indiennes dont Pondichery.com soutient l'action..

    Les musiciens sur Salt rain
    Susheela Raman -  voice, tanpura
    Sam Mills - guitar
    Hilaire Penda - bass, backing vocals, acoustic bass solo on Nagumomo
    Djanuno Dabo - bongos, congas, surdo, claypot, shakers, backing vocals
    Aref Durvesh - tabla, dholak, and speaking bols on Ganapati
    Vincent Segal - cellos and cello arrangements
    Ayub Ogada - guest vocal on O Rama; Nyatiti on Orama and Bolo Bolo
    Hossam Ramzi - Egyptian percussion on Trust in Me and Woman
    Sandhya Sanjana - backing vocals and vocal FX solo on Woman
    Marque Gilmore - drums on Ganapati and Mahima
    Michel Fernandez - cajon on Salt Rain
    Manos Achalinotopoulos - clarinet on Maya and Kamakshi
    Julia Thornton - harp on Trust in Me
    Don Dieu Le Divin - Fender Rhodes on Salt Rain and Nagumomo 
                             Cliquer sur le casque pour entendre un extrait
    headphones Ganapati
    headphones Maya
    headphones Mamavatu
    headphones Woman
    headphones Mahima
    headphones Trust In Me
    headphones Bolo Bolo
    headphones Salt Rain
    headphones Kamakshi
    headphones Nagumomo
    headphones O Rama
    headphones Song To The Siren

     

02/06/2003 Sortie de l'album Love trap, second album de Susheela Raman

Love trap de Susheela Raman

Ce nouvel album a la lourde tâche de succéder à Salt Rain qui a permis à Susheela d'obtenir une nomination au Mercury Prize, et de remporter les BBC Awards pour la  World Music  (meilleure nouvelle venue) et d'obtenir un disque d'or pour ses ventes en France. 

Accompagnée par un groupe qui représente un véritable "who's who" de la world music - et reprenant entre autres une chanson de  Joan Armatrading et de la légende éthiopienne  Mahmoud Ahmed à côté de morceaux basés sur la tradition tamoule - Susheela réussit une fusion très réussie des courants de la musique occidentale et des traditions orientales.

                       Cliquer sur le casque pour entendre un extrait  

headphones Love Trap
headphones Sarasa
headphones Amba
headphones Save Me
headphones Manusoloni
headphones Bliss
headphones Sakhi Maro
headphones Half Shiva Half Shakti
headphones Dhamavati
headphones Ye Meera Divanapan Hai
headphones Blue Lily Red Lotus

 

2002 Concert à l'Olympia de Susheela Raman

 

 
 
 
 
 
 

Concert à l'Olympia en 2002

 

 

 

 

 
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(c) PONDICHERY.COM / - 2003 - Textes/infos: François Schotte