La mer bleue, peinte avec ses vagues blanches sur un mur
la gueule ouverte du requin
jardin japonais
À Madras, il y a des studios. On y entre comme dans un moulin. Certains servent de promenade. Un studio signifie souvent une grande étendue semée de maisons aménageables, dont les murs bien souvent ne sont que toile peinte montée sur chassis. Il existe néanmoins les Topoi des studios de cinéma: le commissariat de police et la prison, construits en dur, qu'on retrouve probablement dans tous les films. On repère les tournages au bruit des générateurs. Ce jour-là, d'ailleurs, on tourne dans le poste de police. Le ronflement des générateurs ne semble déranger personne (La plupart du temps on post-synchronise le son dans d'immenses dubbing theaters)
overactingCe jour-là, on tourne un épisode d'une série de la télévision tamoule. Les acteurs inlassables reprennent les mêmes mimiques clownesques, tandis que les acteurs de l'après-midi mâchent du betel à l'extérieur du décor. Un vieillard, qui ressemble davantage à un mendiant de Dickens qu'à un personnage du pays, implore la patronne d'un hôtel de lui donner des nouvelles de son fils censé être là. Assiste au tournage une longue adolescente assoupie et bougonne, dont la mère exhibe à qui l'approche les différents prix de poésie gagnés par sa fille prodige. Un concours vient ainsi de lui offrir, en guise de prix, l'occasion d'assister a une journée du tournage de cette série... La jeune fille semble indifférente à l'activité alentour, somnole accoudée à une table. La mère explique que le réalisateur figure dans le Guiness des records pour le grand nombre de ses tournages. Pendant que les acteurs enchaînent les scènes -les changements de position et de prise de vue sont minimes-, on nous gave de boissons, petites friandises, etc.