Cette liberté avec laquelle les réalisateurs combinent les séquences à l'intérieur de leur film? On écoute un couple de personnages conversant au bord d'une piscine, quand l'un des deux prend soudain l'autre par la main et l'entraîne dans un plan d'alpages suisses, plan dans lequel nos personnages pénètrent par le milieu, comme on franchirait une fenêtre. Et les voilà à chanter, passés de la lumière tropicale aux vertes prairies, du jaune et du bleu aux neiges éternelles.
Le film est une porte-fenêtre, pas un miroir, une porte-fenêtre.
N'importe quoi? ces danses déchainées, des clips dans lesquels les couples n'arrêtent pas de se frôler, de se frotter et de se caresser à travers leurs habits, ces clips où l'on décline toutes les formes pour embrasser son partenaire, ces danses diaboliques où tout ce qui peut bouger bouge, ces contorsions, bondissements, brisements, déchaînements, arrêts, rotations.
N'importe quoi? Des éclairs zèbrent le ciel, c'est Walt Disney, une nuit d'orage terrifiante, une voiture crisse et commencent courses de voitures, cascades, bagarres, danses en tous genres. L'homme chante son amour, les mains sur la poitrine, elle se cambre et pointe le menton, par saccades.
Film gore: le type, tué dans un accident de voiture, reste coincé entre le volant et son siège, trempé de sang. Faut que ça saigne, à un moment ou un autre. Faces où le rouge dégouline, le méchant (Les revues chaque année décernent le prix du meilleur méchant) vient d'arracher de la viande, ses muscles frémissent, les spectateurs, de maigrichons chauffeurs de rickshaw, rigolent.
On ne lésine pas sur les figures de style, sur les effets (pas forcément spéciaux, mais impressionnants pas leur variété):
répétitions (dans un clip un couple court de profil dans un champ, le plan est monté en boucle),
accélérations,
modifications des couleurs,
incrustations sur un autre décor,
zoom avant répété sur personnages quand coup de théâtre ou tension dramatique,
musique en fond omniprésente imitant les émotions censées être du moment.
À la fin on ne sait pas trop ce que l'on a vu, mais on garde dans la tête une petite musique et l'envie de bondir et que tout le monde en fasse autant.
Que restera-t-il? Emphase, pirouettes?
Contorsions, grimaces?
Que restera-t-il?
Avoir joué à la poupée?
Avoir joué à la poupée?